DEHORS LES CHIENS – Mention

Californie, juin 1866, logique pour un western. Mais un western d’une cruelle modernité. Revu par Michael Mention. Et là, c’est bastonne et envoie du gros pâté. Car Dehors les Chiens est un véritable thriller. Certes y’a de la poussière, des chevaux et des gros pétards qui font du bruit, mais c’est un petit bijou de roman noir avec tout ce qu’il faut pour tenir le lecteur en place sur sa selle.

C’est d’une réelle modernité. Et ça déboite. Que dis-je, ça fouette les sens et les oreilles. Et oui, y’a de la bande son, car pas de livre sans une B.O. à la hauteur chez Michael.

Si Crimson Dyke fait partie de l’United States Secret Service, c’est surtout un homme intègre dans une Californie post guerre civile. Un lieu désiré mais n’ayant que la souffrance à offrir à tous et la fortune à quelques-uns seulement. Dyke poursuit des faux monnayeurs. Il croise un cadavre puis d’autres. La traque commence.

Michael brosse ses personnages. Il leur donne du relief, une histoire, une raison d’être. Qu’ils soient shériff , juge, institutrice, ils ont tous un rôle défini dans cette Amérique. Ils sont pétris d’idées, parfois préconçues, de superstitions  et sont rarement scrupuleux. Pourtant, ils ont ce petit plus qui les rend digne d’intérêt.

Les faits historiques sont, eux, bien présents et fidèles. La construction du chemin de fer, la misère, la fausse monnaie, cet après-guerre. Dans ce lieu, que l’on soit Chinois, Noirs, Indiens ou Européens, homme ou femme, la destinée n’est pas la même. Un fait commun pourtant, la vie ne coute pas chère.

Cette Californie en Technicolor est brutale, elle a une odeur. Celle du sang. On est davantage dans du Sam Peckinpah que dans du John Ford. J’ai grandi arrosé au whisky au fond d’un bar en parcourant les territoires indiens fouetté par le sable chaud du désert. Grâce à Michael, le western a grandi. Du carton pate des studios d’Hollywood, il est passé à quelque chose de plus dur.

Dehors les Chiens c’est la vision d’une époque violente, sans fard.

Chez Michael, l’écriture est juste. Il renouvelle le genre en lui offrant une réelle modernité dans le fond et la forme. Pas une seule seconde d’ennui. Le rythme tient la cadence d’un cheval au galop. Il raconte l’histoire de Crimson Dyke et on la lit avec passion.

Editions 10/18 Grands Détectives

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Il faut vraiment que je découvre cette plume…

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    1. prvst dit :

      C’est impératif

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  2. C’est décidé ! Je vais me lancer dans Mention !

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