RETOUR DE SERVICE – Le Carré

Sans doute pris par l’élan du sursaut médiatique, j’ai cédé à l’appel du Retour de Service de John Le Carré au moment même où il décédait. Cela faisait un bail que je n’avais pas lu de roman d’espionnage et retrouver l’auteur de L’espion qui venait du froid et de ces romans adaptés au cinéma, il y a plus de 20 ans, m’intriguait.

Mais j’avoue, sans avoir à poser la tête sur le billot, que sans le sacre des journalistes pour ce dernier opus, ce roman d’espionnage au style daté sur les coulisses de la politique et des secrets d’un monde interlope, ne m’aurait sans doute pas titillé.

Oui, Retour de Service est actuel dans le contenu. Le Carré y met son désamour pour le Brexit, ce qu’il pense du chef de gang, Trump et offre un éclairage sur la Russie actuelle et ses manœuvres souterraines. C’est gorgé d’analyses plutôt pertinentes sur ce début de 21ème siècle.

Oui, la construction est carrée. Mais il n’empêche que, je me suis ennuyé comme les protagonistes du Refuge, la sous-station du département Russie basée à Londres et dirigé par Nat, le héros agent secret et joueur de badminton. L’écriture m’a semblé poussive et parfois un peu pompeuse. Là, on nage en plein 20ème siècle. A mon sens, cette écriture nuit à l’intrigue, prometteuse.

Sous couvert de style, le démarrage est long. Et si le procédé narratif est clairement maitrisé (on y lit à rebours), on saute d’un personnage à l’autre, comme un volant entre deux raquettes. Côté personnages, Ed m’a paru beaucoup plus intéressant que Nat et j’avoue que la fille de Nat, Stef méritait davantage de relief.

L’intrigue labyrinthique aux multiples ficelles où Le Carré aime perdre le lecteur sous une tonne de faux-semblants est présente. Mais pour être franc, Retour de Service m’a paru daté dans la forme, manquant de vivacité, collant au style Le Carré des années 80. C’est vraiment dommage. Le roman d’espionnage se faisant rare, le fond était prometteur.

Heureusement, sous la poussière, il y a un brin de désuétude toute britannique, emprunte de cynisme. Sans doute la signature de Le Carré pour son dernier roman.

Editions Le Seuil

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’avais hésité, il semble que finalement, j’ai bien fait de passer mon tour 😏

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  2. Bonjour et merci pour cette chronique ! Bon, et bien je vais passer mon chemin… C’est un peu dommage qu’il finisse comme ça. J’avais bien aimé le précédent, L’héritage des espions, et j’avais trouvé sa construction très originale (même si parfois je m’y perdais un peu…) avec cette insertion brute de rapports dans la narration. En tout cas, nous avons quand même perdu un grand…

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    1. prvst dit :

      ce n’est que mon avis…

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