Private War – Film

Trouver la vérité, sinon on ne sert à rien ici.

Jamais je n’ai chroniqué un film. Ce n’est pas l’objectif de ce blog. Pourtant, il arrive qu’un coup de coeur se doive d’être partagé.

Le cinéma est trop souvent source de pur divertissement. Avec Private War, il s’agit de tout autre chose. La vie d’une femme, d’une reporter de guerre.  Private War ou la vie de Marie Colvin du Sunday Times. Grand reporter, un métier qui m’a fait longtemps fantasmer et qui me fait toujours envie.  Ce film m’a choqué, ému et rappelé que j’ai abandonné mes rêves par manque de courage, par facilité.

Qu’est-ce qu’une émotion ? Un battement de cœur ? Une peur ? Une affection ? Juste le sentiment d’être humain. Mais le pire, est que malgré sa force, sa voix, son sacrifice et celui de milliers d’autres 500 000 victimes innocentes dans le dernier conflit couvert par Marie, victimes que nos états ont laissé tomber.

Marie avait en elle, une confiance dans l’humanité en espérant qu’une histoire puisse faire changer le cours d’une guerre. Les terrains qu’elle a parcourus ont été nombreux. Dopée à la guerre ? Non ! Simplement un besoin chevillé au corps de voir et raconter, avec le revers de la médaille, le fait de  devoir vivre avec.

Ce film fait écho à Salvador d’Oliver Stone, avec un James Woods majestueux et un excellent John Savage, à Le Faussaire avec un Bruno Ganz au Liban qui a tailladé ma jeunesse, et avec Harrison’s Flowers avec  Andie Mc Dowell et Adrian Brody qui m’avait emporté sur les routes de Croatie. J’ai toujours ce sentiment identique à chaque visionnage de ces films qui s’étalent des années 80 à ce mois d’octobre 2019. Les combats changent, les reporters aussi, mais les victimes restent. Les périodes sont différentes, mais la passion mise en scène, témoigne de ces hommes et femmes qui, quel que soit le conflit, ont ce besoin viscéral de couvrir la vérité. Je reviens à Marie Colvin et à Rosamund Pike qui tient son rôle. Elle est bouleversante. Elle tient ce film à elle seule. Marie prend vie sous ses traits. Ce film de Matthew Heinman est fort tant par ses prises de vues, son sens de la vie, que du jeu si juste des acteurs.

Ce que nous voyons, est un article, une Une. Puis on peut oublier, zapper, passer à autre chose, l’importance futile de notre quotidien. Mais ces gens, prix Pulitzer, Albert Londres ou non, sont nos yeux et notre conscience. Et moi, je ne fais que regretter de n’avoir jamais eu le courage de m’atteler à ce métier. La couardise du confort. La préférence du silence.

Pour Marie, cette activité n’était pas un choix, mais un choix de vie. Ce fut une conviction pour elle et un espoir pour nous. Elle et tous ceux qui font ce métier – sont rares – Ils sont nos yeux, notre odorat, notre ouïe. Comment raconter l’horreur d la vie. C’est au-delà de la littérature. Il est facile d’imaginer. Mais avoir la force de témoigner de ce que l’on vit est incroyable.

Dans chaque guerre, les braves, les valeureux sont les innocents. En cela, Marie Colvin comme tant d’autres, était leur voix. Une simple voix. Alors oui, comme bien souvent, il est encore des reporters, qui vivent leur métier. Bien loin de la représentation… Merci pour cette mise en abime. Grâce à Private War, j’ai retrouvé une émotion intacte, un souffle de vie, un espoir. 

Donc cher lecteur de cette chronique inhabituelle, cours ce film. Car la liberté de parler, de dire n’a pas de prix. Merci Marie.

Pour poursuivre :https://mariecolvin.org

Et puisque des femmes continuent, https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-21-novembre-2019

Clarissa Ward de CNN

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s