LA METHODE VENTURI – Dubourg

L’interrogatoire est austère pour ne pas dire rude. Cinq quidams pas faciles, parmi lesquels une juge, soumettent le Capitaine Venturi, du groupe crimes SRPJ, à une discussion, un interrogatoire, où il ne manque plus que le waterboarding et quelques bastos pour que tout ce petit monde s’éclate. Deux semaines auparavant, trois types ont braqué une bijouterie, l’un est mort. Le casse a été commandité par Le Zombie.

Ne me demande pas un résumé, faudrait pas déflorer la sainte prose. Tout ce que je peux dire, c’est qu’en une vingtaine de pages, tu as le nez dedans. Impossible de ne pas te tirer un sourire. La méthode Venturi est un joyeux foutraque rythmé par une bande son incroyable qui se cale entre tes deux esgourdes.

Tu lis, tu tournes la page et tu te dis : il ose. Réflexion faite, il a osé et il continue. Ce n’est pas un thriller mais y’a du noir dans le fond.

Dans le fond de la tasse à café, mais après le trou normand.

Normal ! Sale temps pour Venturi, Chris est normand.

Mais il faut à minima l’imagination débridée de Christophe pour offrir à Venturi de quoi occuper les cinq individus. C’est donc lui qui nous ballade à travers des envolées lyriques, où le bon mot ne craint nullement le salto. Il aime le risque. J’imagine aisément ce bougre d’écrivain assis avec ses crayons, à se surprendre lui-même de ses cascades littéraires.

Mais je digresse. Revenons à Venturi. Car cette chronique lui est dédiée. Le Venturi est atypique. Il y a, autour de lui, un petit côté Ubu qui aurait enfanté un nain de jardin sous acide avec Pierre Dac mais qui aurait été piquousé à Tarantino. Tu vois le truc ? Pas bien ? Bizarre. Bref c’est truculent. Ca frise la poilade y compris quand il rend hommage à la soutane virulente du Havre d’un ami commun, déficient capillaire également.

Tout au long de son interrogatoire, Venturi nous offre une kyrielle de personnages hauts en couleurs, Bazaara, Andrea, la belle assise sur les toilettes fixant son moignon, Branko, Otak, Örlü, Darius the Gun Güney, Le Zombie, Droopy et des pillules bleues.

Les loups et l’agneau, était un roman noir qui m’avait surpris. Son auteur était capable de tordre une histoire et de nous surprendre à la fin. Avec La méthode Venturi, Christophe, surprend dès le début et il continue. Et, il s’amuse avec nous car c’est un mec sympa.

Alors il n’est pas improbable que certains chafouins n’y trouvent pas leurs habituelles marques. Normal quand tu shakes un indien, un mongol, un turc, la Normandie, les banlieues et le Pop Rock , tu t’éloignes d’Amélie Nothomb. Franchement, La Méthode Venturi est à prescrire en cas de dépression sévère. Crois-moi, c’est l’évasion garantie.

Si tu n’aimes pas… ben … faut se plaindre à l’auteur. Moi, j’aime.

Editions Ravet Anceau

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