DERNIERS JOURS A ALEP – Ramezi

Un premier roman édité chez French Pulp. Que ça fait du bien ! Derniers jours à Alep, on n’y parle pas que savon. C’est un roman d’espionnage mélangeant habillement la quête d’un homme à la recherche de son père sous couvert de bioterrorisme et d’attentat en devenir. Et ma foi, si on oublie l’impression du roman (la police de caractère aurait pu être un poil plus grosse, et oui, je vieillis) c’est d’autant plus captivant que les bons romans d’espionnage se font rares et que Ramezi dépoussière cela en y injectant une bonne dose d’introspection.

Chez Ramezi, les apparences peuvent être trompeuses. Si ce roman semble se lire facilement, s’il tourne autour de peu de personnages, ils sont psychologiquement riches. Au-delà de l’intrigue, tourne autour des  points de vue des deux personnages principaux Mathias & El Mansour. Tout se bâtit sur  leur quotidien, leurs questions qui raisonnent dans les tréfonds du cerveau du lecteur. L’idéalisme ? Jusqu’où pouvons-nous, voulons-nous aller dans une quête de vérité ? Faut-il creuser les secrets enfouis à la mort d’un proche ?

Guillaume Ramezi maitrise l’écriture et le suspense. Agréable à lire, son texte est, à bien des égards souvent émouvant quand, il nous coince au détour d’une page dans une réflexion sur la a perte du père. Quand il s’interroge, c’est à travers ce prisme de la recherche du père, qu’apparait notre identification, le manque, la souffrance, dus à la perte d’un être cher. L’illusion ou l’image que nous nous en faisons, celle que l’on aurait aimé se forger.

Mais ce qui aurait pu être une histoire familiale, prend soudainement une autre dimension.  Mathias, cancérologue à la vocation chevillée au corps depuis l’enfance, voit apparaître le visage de son père à la TV. Deux problèmes surgissent. Son père est mort depuis 25 ans. L’homme sur l’écran, El Mansour,  est recherché pour terrorisme. De doutes en certitudes, Mathias, soutenu par ses deux amis, Marie et Ahmed, mène sa quête sans se douter un seul instant dans quoi il met les pieds. Car ce béotien enquêteur, voit son univers se déchirer. Ce médecin respecté bascule dans une course contre la montre. Quand il s’agit de bioterrorisme et d’espionnage, la vérité, les faux semblants, et les apparences sont trompeurs. Accepter la vérité a forcément un prix.

Guillaume Ramezi  signe avec Derniers jours à Alep un beau renouveau du genre. Ça va vite. Les chapitres se bousculent. On zappe de Mathias à El Mansour. L’envie, l’espoir, la peur, l’animosité, tenaillent le lecteur. On marche, on plonge dans cette histoire.

French Pulp editions

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Ramezi dit :

    Merci beaucoup Yannick pour cette splendide chronique. Tout y est!

    Aimé par 1 personne

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