DE CAUCHEMAR ET DE FEU – Lebel

De cauchemar et de feu est un vrai bon roman. Ce quatrième opus est riche et abouti. Toujours parfait en ce qui concerne l’écriture, l’intrigue posée par Nicolas Lebel est plus complexe que jamais. Sur le fond, sans dévoiler l’intrigue, c’est fouillé. Deux histoires se heurtent. Un meurtre curieux dans un pub parisien lié à une sombre affaire de vengeance et l’IRA des années 60/70. Lebel alterne entre le passé et le présent, sans rien lâcher des facéties et des travers de ses personnages. C’est intense et passionnant, avec toujours cet humour décalé. Le travail de recherche fut, à n’en pas douter, précis et minutieux. Car c’est assurément l’enquête la plus sombre, gorgée de pistes multiples où le capitaine Mehrlicht vit un week-end de Pâques propice au changement. Même la sonnerie de son portable en est victime, avec cette fois, Julien Lepers himself.

De cauchemar et de feu nous sert, outre une réflexion sur l’intégrisme et les extrêmes, un conflit vieux de huit cents ans. Mais pas seulement. C’est aussi pour l’auteur, l’occasion de faire évoluer ses personnages. S’ils sont attachants et sympathiques, ils gagnent tous en consistance, en profondeur. Lebel les fait évoluer comme rarement un auteur le fait. Il les confronte à leur réalité. Il joue avec leur personnalité, les bonifie.

Que ce soit en Irlande ou à Paris, parmi un groupe de copains ou de flics, la vie les contraint tous à faire des choix. Ces choix, il leur convient de les défendre et de les assumer. Daniel Mehrlicht , le capitaine à la tronche de grenouille et à la Gitane coincée dans le bec, harcelé de cauchemars, dévoile son humanité. Il est temps pour lui d’évoluer. Mickael Dossantos et son code pénal sous le bras voit son passé refaire surface. Il lui faut l’affronter. Sophie Latour et son Jebril subissent les effets de bord. Le passé n’est jamais bien loin. Même Matiblout qui sort enfin de son bureau prend de la profondeur tout comme Carrel le légiste. Comme quoi le changement est un état d’esprit (J. Chirac). Quant au lieutenant Reinier, fraîche et innocente stagiaire débarquée de sa province natale, elle va devoir comme les autres subir l’épreuve de la réalité, celle du feu.

L’union, l’équilibre et la synergie du groupe de Mehrlicht, en prennent un coup. Le FarDarrig y est sans doute pour quelque chose. Pourtant il existe une formule magique. Prononces « Ná dean maggadh fum ! / Ne te moque pas de moi ! » et le Far Darrig s’enfuira à moins qu’il ne te mette dans un sac et te jette au feu.

S’il parait que l’on renait de ces cendres,  De cauchemar et de feu, est un braisier  plein de promesses pour un cinquième opus.

Editions Marabout

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