L’OISEAU BLEU D’ERZEROUM – Manook

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Mélanger fiction et réalité, donner force au récit tout en éloignant la douleur, voilà ce que pourrait être L’Oiseau Bleu. Mais c’est bien davantage.

Ian a le don pour raconter des histoires. Ce n’est pas un secret et ce n’est pas la première que je le dis. C’est un conteur hors pair. Mais construire une saga sur les propres fondements de son histoire personnelle relève d’un exercice périlleux. C’est dire si je me suis bardé de précautions avant d’ouvrir L’Oiseau Bleu d’Erzeroum.

A l’issue de ce premier tome, j’ai le sentiment de sortir d’une aventure humaine qui respire la vie.

Il parait que l’Histoire avec un grand H est écrite par les vainqueurs. Et bien Ian Manook sort victorieux à plus d’un titre avec la vie presque romancée d’Araxie. Araxie, aux mille noms, fillette de dix ans et sa petite sœur Haïganouch, six ans au commencement.

Araxie, c’est la liberté. Une aura d’indépendance plane dans ces pages, une ode à la force de la vie.

Araxie avec qui on fait connaissance en 1915, en Arménie Turque. Avec cet oiseau bleu gravé sur la main, à la fois signe d’appartenance et d’espoir. Cette gamine nous accompagne tout au long de ce début de siècle partagé entre effrois et petits bonheurs.

Je ne vous vendrais pas la 4ème de couverture. Filez en librairie et gardez à l’esprit que Manook, c’est Manoukian, c’est l’Arménie et les survivants d’un drame, d’une diaspora longtemps oubliée, cachée par tous les régimes.

C’est avec une émotion particulière, celle qui vient du cœur et des tripes que l’on entre dans la tourmente. Rien n’est épargné au lecteur. La première partie n’est que douleur. On ne parle pas de génocide sans se salir. J’ai lu, jetant et reprenant ce livre, l’estomac au bord des lèvres, tant la brutalité suinte, tant la barbarie la plus vile prend forme. Cette centaine de pages est d’une rare force. L’Oiseau Bleu d’Erzeroum est une ode à la mémoire des disparus pour ne rien oublier.

Même de l’humour, cette once de légèreté apportée par le personnage d’Agop avec ses récurrents « Je te tue », m’a parfois paru lointaine. Passé les 100 premières pages, le lecteur est attaché à Araxie, alors on dévore et on attend la suite.

J’ai la conviction que Ian signe ici son livre le plus touchant.

Editions Albin Michel

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bonjour. Comme beaucoup, je connais Ian Manook grâce à sa série du Commissaire Yeruldelgger qui m’avait plutôt convaincu. Merci pour votre belle présentation ! Vous êtes parvenu à susciter mon intérêt à la fois grâce au sujet traité dans ce roman et à la poésie qui semble s’en dégager.

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