MANHATTAN SUNSET – Braverman

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Braverman, est à l’Ouest ce que Manook est à l’Est. L’art de plonger dans un paysage, de s’immerger avec des personnages typés. C’est voyager pour le prix d’un bouquin. Et en ce moment, c’est cadeau.

Avec Roy Braverman, c’est cap sur l’Amérique. Ce coup-ci, c’est plus exactement, New-York et encore plus précisément, Manhattan. Manhattan et son Manhattanhenge comme la très belle couverture. Un moment rare. L’événement bi-annuel tant attendu où le soleil couchant s’aligne avec les rues traversées par un incroyable rayon de lumière d’Ouest en Est.

Après vient le couchant. L’obscurité avale cette mégalopole. Elle est dure, ne pardonne pas. Si elle s’érige vers le haut, c’est en bas que la douleur s’enchevêtre entre les rues. C’est ce qu’il y a autour de l’inspecteur Donnelli, comme autour de Manhattan. Et Dieu sait que Donnelli aime cette ville. Le New-York de Braverman/Manook n’est pas le Time Square des touristes.

Au cœur de Tribeca pour Triangle Below Canal. Soho pour South of Houston. Nolita pour North of Little Italia. Dumbo pour Down Under the Manhattan Bridge Overpass, c’est bien une histoire sombre que Braverman/Manook nous conte.

Donnelli collectionne les ex. Pfiffelmann, son ex-partenaire assassiné. Mais ce n’est pas le premier. Le précédent, Novak est mort dans Chinatown des années auparavant. Et il y a son ex-femme. Donnelli est taciturne. Sa vie est hantée de fantômes, Novak, Pfiffelmann, Martha. Alors il déchire au Lagavulin et il parle tout seul. Comment un seul homme peut-il encaisser tout ça sans être un poil abattu ou nostalgique ?

Et il y a Lola, la fille adoptive de Tom et Elizabeth Andersson. Adolescente et déjà morte deux fois. Cette fois, Lola ne s’en relèvera pas.

Et il y a les lituaniens, les frères Dabnys, trafic d’armes et d’êtres humains.

Et il y a Mankato, la nouvelle coéquipière de Donnelli.

Et il y a la ville, à l’image des hommes qui l’ont façonné. Flambeuse, froide, clinquante par endroits, boueuse et sordide en d’autres lieux.

Comme d’accoutumée, l’écriture est toujours entrainante. Ça se dévore avec une facilité déconcertante. Une méchante fluidité. Celle de l’écrivain qui sait emballer son lecteur. Braverman n’a pas peur d’ensanglanter ses pages pour donner vie à ce pur roman noir américain. Il y va fort. Il se joue de l’émotion du lecteur, s’amuser à attirance/répulsion avec des personnages parfois attachants, comme Pfiff l’ectoplasme, n’hésite pas à en faire trop pour que cette histoire ne soit pas une demi-histoire. Ça se lit comme du pulp. Alors ma foi, on plonge l’East River et on remonte du côté de Midtown pour suivre les errances de Donnelli.

Editions Hugo Thriller

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Belle présentation, merci !

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