DE MORT LENTE – Mention

On ploie sous la litanie des acronymes des perturbateurs endocriniens, FC, PCB, BPA, PBDE, APE … Et il y en a encore de très nombreux, substances diverses issues de la chimie, additifs alimentaires, cosmétiques sans oublier les pesticides. Un seul PE peut-être dangereux. Les multiplier, les faire se croiser, c’est devenir l’apprenti sorcier. Pourtant c’est bien ce à quoi l’industrie joue au quotidien avec 7 milliards d’individus. Nous ! Le s PE, il y en a partout autour de nous. Nous les respirons, touchons, ingérons au quotidien.  Pourtant leur action est loin d’être innocente. En revanche, l’innocence des lobbys de ces industries n’est plus à présenter. Sur l’autel du profit, ils sont sans foi, ni loi.

De Mort Lente, C’est Marie et son hypothyroïdie. Elle a la tyroïde qui s’emballe. Nabil son mari fait ce qu’il peut pour sa famille. C’est aussi leur fils Léonard, autiste. Marie prendra du Levothyrox. C’est Philippe, directeur de recherche au CNRS, biochimiste, un cerveau qui aura l’outrecuidance de se lever contre les autres. C‘est Franck, journaliste au Monde qui apprendra que dire la vérité a un prix.

A travers eux, Michael Mention nous embarque dans une déclaration de guerre. La narration est parfaite. L’immersion totale. Les Commissions qui n’en finissent pas. Les colloques et les études scientifiques qui se succèdent tant pour noyer les informations que pour rétribuer les participants. Il y a aussi les tractations souterraines, la dépendance des groupes vis-à-vis de leurs propriétaires, leurs actionnaires et leurs publicitaires. De Mort Lente, c’est également les coups bas. Ceux donnés aux vrais gens. Car en plus d’être victimes dans leur chair, ils ne doivent rien dire. Juste apprendre à rester à leur place pendant que les puissants se gavent. Juste subir, et à l’occasion mourir.

J’ai mis un an à trouver l’énergie de lire ce thriller. Car aussi proche de la vérité soit-il, il se lit comme un roman. Soyons franc, il me fallait être prêt. Connaissant la capacité d’écriture de Michael, un livre sur cette thématique me foutait la trouille. Allez savoir d’où vient un lymphome… un cancer à pas de bol, dans le sang… la cause, va savoir… et toujours une sale idée derrière la tête. Mais passons. Grand bien m’en a pris. De Mort Lente est un livre d’utilité publique. Il joue sur un temps long comme dans la vraie vie. Pourtant il est vif, violent. Il se dévore comme un thriller politique et mériterait une mise en scène à la Michael, un autre … Mann.

De Mort Lente est presque « trop » pour ne pas correspondre à une foutue réalité. Nous avons les fesses assises sur un détonateur. La bombe, nous l’avons déjà avalé. Je me suis régalé et suis encore en colère.

Editions Stéphane Marsan

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Je comprends ce que tu dis en évoquant le bon moment ! Je l’attends, justement…

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