LES SPECTRES DE LA TERRE BRISEE – Zahler

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Chez Gallmeister, je n’ai lui que du bon. Je dois être honnête, cette maison continue à me surprendre à travers sa ligne éditoriale.

Avoir un dans sa PAL, un western est un truc assez incongru. Un Western noir.. Va comprendre. Mais dès que je l’ai ouvert, ce n’est pas la chaleur de la frontière mexicaine qui m’est tombée dessus, mais bien la froideur des pages à suivre.

Comme quoi le thriller n’a pas forcément besoin de coller à notre époque. Début de siècle (le 20ème, pas celui dans lequel nous nageons) les soeurs Plugford  ont été kidnappées par Gris, patron de bordel mexicain qui les contraint à la prostitution. Comme quoi, il faut toujours payer ses dettes, surtout à un débiteur retors et sans pitié ! Les arrières petits enfants des aztèques sont toujours dotés d’une réelle imagination pour ce qui est de faire souffrir les autres. Gris en est le parfait exemple. De l’autre côté, Plugford  n’est pas forcément un modèle de vertu non plus. Mais bon.. c’est un western. Le terroir est sauvage.

Extrêmement cinématographique, l’auteur S. Craig Zahler n’oublie pas son métier, romancier certes mais scénariste et réalisateur. Les acteurs, pardon les personnages sont donc taillés. Gentleman, indien, tueur froid, mexicain fortuné, cuisto ou cowboy, ils sont trempés et atypiques. Ils ont de la gueule, sentent et suent. C’est visuel à souhait.

Aucun temps mort entre les chapitres, juste une addition de rebondissements. Il ne manque que les mouvements de caméra. Car ramener les filles ne se fera pas sans perdre quelques os. Alors au fil des pages, ça tire bon nombre de balles et décroche ce qu’il faut de flèches, voire joue du couteau. Moralité, on ne s’attache surtout pas aux personnages. Quand le sauvetage préparé par le père et les frères  se mue en vengeance, l’équipée sauvage de libérateurs prend la forme d’un 12 Salopards gore. De part et d’autre, le monde se fait impitoyable et sanguinolant.

Les spectres de la terre brisée, c’est au premier abord, cruel, violent mais cela devient tragi-comique puis grand-guignolesque.

Editions Gallmeister

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