BLUEBIRD, BLUEBIRD – Locke

Premier roman de 2021 et pas des moindres.

La justice aux USA, plus précisément au Texas. Dans l’arrière-train rural de l’est de l’état, à Lark. Deux cadavres ont été découverts dans le bayou. Un avocat noir de Chicago et une femme blanche du coin. Darren Mathews, ranger noir suspendu, a fui cet état. Pourtant, il enquête parmi les rednecks.

Bluebird, Bluebird a la lecture parfois lente et poisseuse, comme le clapotis du bayou, rythmée par un blues authentique, celui de John Lee Hooker – Bluebird, Bluebird est un de ces morceaux.

Bluebird, Bluebird est un polar visqueux. Aux côtés de Darren, je pars à la recherche du ou des meurtriers.  Une facture assez classique de roman noir. Pourtant, très vite, je suis confronté à cette notion de race qui gangrène cette Amérique trumpiste. Rien de nouveau pour un pays malade de ses maux, où la haine quasi-ancestrale, pour ne pas dire traditionnelle se vit naturellement.  Elle n’a pas de frontière, elle traverse les états et le temps.

Les limites de la justice étouffent dans ce bled où les héritiers du KKK ne se cachent plus. Ils sont devenus la fraternité aryenne. Ils assassinent et prônent l’entre-soi pour mieux dealer.

Les limites de la vie de Darren sont toutes autres. Son identité, ses amours, sa subordination et son obédience à son rang de Texas Ranger. Tout cela semble se fissurer. Ce personnage est rongé par le doute. Pourtant, il s’affirme au fil des pages.

Attica Locke n’en est pas à son coup d’essai. Ce roman est pertinent et est à l’image de cette Amérique éloignée des métropoles où l’autre fait peur, où le repli sur soi ou sa communauté devient un mode de vie à part entière, ce, quel qu’en soit le prix à payer.

Rien n’est simple. Et la vérité est faite de faux-semblants, assemblés de faits et d’histoires.

C’est un vrai roman noir américain dans ce qu’il a de meilleur. Il met mal à l’aise, fait réfléchir et pourtant réussit à vous transporter.

Bluebird, bluebird, please do this for me
Ooh, bluebird, please do this for me
If you see my baby, tell her I want her to come back home to me

Edition Liana Levi

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