LE SACRE DES IMPIES – Gilberti

Avec le premier tome, Sa Majesté des Ombres, je faisais connaissance avec Borderline, un réseau colossal aux méthodes sanguinaire mené par l’Hyène. Face à eux, Grux dit le Chacal, un lieutenant des stups et surtout Cécile Sanchez déjà apparue dans Le Festin du Serpent. Bref tous les ingrédients d’un putain de polar méchant ! Puis vint le second tome, Les Anges de Babylone. Je m’immergeais dans le monde de Bordeline et leur aspiration à un destin quasi apocalyptique. Un projet bien au-delà du chaos. Une promesse faite au lecteur.

Enfin arrive le tome 3, Le Sacre des Impies et je plonge pour un retour à la Genèse avant de voir les impies sacrifiés sur un autel flamboyant. A travers des allers-retours entre 1995 et 2011, Gilberti dévoile la  jeunesse de ces sept mômes issus de grandes et richissimes familles qui deviendront l’Hydre. Juillet 2011, le moment du châtiment

Cette trilogie prend des allures de fresque. Le boulot abattu par Ghislain est considérable. Son style toujours addictif. On ne décroche pas. Le mot est juste et percutant. Toutefois, je dois mentionner une sacrée déconvenue. J’ai été perturbé par les nombreuses coquilles et des mots oubliés. Dommage pour ce manque de boulot éditorial qui casse le rythme et t’en à nous faire perdre le lien ténu entre ce roman et son lecteur par moments. Les  scènes d’action sont, elles, toujours extrêmement cinématographiques et orchestrées avec brio.

Reste que je dois m’arrêter sur les personnages. Cécile, Lolita, Faust, Sé et les autres sont diablement construits. Le tour de force de l’auteur, leurs offrir la possibilité de se dévoiler encore dans ce dernier tome et de prendre une part plus grande – je pense à Kayanée par exemple. Et si Faust est plus que jamais le personnage central, la tête de l’hydre, il demeure, comme tous, l’addition de ses expériences, de sa vie, de ses actions, de son enfance. Faust est pétri de ses propres épreuves et de ses douleurs. La famille, le code d’honneur, l’amour sont les premières victimes en temps de guerre.

Toujours est-il l’on enchaîne les chapitres et que la rage nous gagne. Bien sûr Ghislain nous force un peu la main pour prendre parti. Mais après pas loin de 2000 pages, il est logique de ressentir des adhérences avec quelques personnages, surtout à une période où les inégalités se font plus criantes que jamais. Là où il y a tyrannie, il parait naturel de vouloir s’en affranchir. Et la Justice n’est pas forcément ce qui est le plus juste.

Toujours du bon dans le Mal
Toujours du mauvais dans le Bien.

J’avoue mon attachement à Lolita No.

Au bout du compte, la rage se maitrise-t ’elle ? Entre bruit et fureur, les anges se dévoilent au grand jour et viennent enserrer la colonne vertébrale du lecteur. Les dysfonctionnements des protagonistes, héros et héroïnes, sont à la hauteur de leurs ambitions.  Cette trilogie est un magnifique exemple de ce qu’est le thriller en 2020. Vif, ambitieux, déstabilisant et sans concession.

Editions Cosmopolis

https://fb.watch/2nbUd2kJpp/

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Superbe chronique à l’image de cette trilogie !

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