LES MONSTRES – Mayeras

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Cette année aura été particulière. Mais il y a de quoi se réjouir. C’est aussi l’année du retour de Maud. Elle se fait rare. Très. Trop.

Mais puisqu’une écriture de cette qualité se mérite, chaque longue, trop longue attente est récompensée. Alors on prend sur soi et on patiente, jusqu’au moment, où elle nous offre un nouvel aperçu de son talent. Après trois romans, Lux, Reflex et Hématome, elle revient avec Les Monstres.

Vous donnez envie en vous parlant de la 4ème de couv’ ? Mouais… Alors on va dire. Un terrier, un orge, une mère, des monstres, la folie et la littérature. Voilà. Ne rien dévoiler. Vous laissez le plaisir de pénétrer cet univers si particulier et vous frotter à la construction de ses phrases, de ses personnages. Chez Maud, tout est travaillé, ciselé. Chaque livre est taillé avec précision, achevé à l’énergie, consommé au sentiment.

Maud a ce talent brut qui vous prend aux tripes. Il ne pardonne pas. Il ne s’offre pas. Sa plume, d’une force incroyable, se conquiert. Elle arrive à donner vie à la noirceur lorsqu’elle tourne à la tragédie. Pourtant c’est un livre qui parle d’amour ou de son absence, de l’enfance et du poids des mots. Comme avec les précédents romans, Les Monstres nous offrent une vision du roman noir dans sa quintessence.

Ce roman vous accompagne. Les Monstres vous tiennent éveillés la nuit. Ils sont impressionnants. Gigantesques et malgré tout si jeunes. Au gré des pages, un seul objectif prend forme, aller jusqu’au bout.

Et après… les monstres ne vous lâchent pas. Les minutes passent et je reste partagé entre rejet et addiction. Qui y a t’il de plus nauséabond ? Le monde des humains ou bien celui de l’Orge et le terrier ? Allez savoir. Moi j’oscille entre empathie et rejet pour les personnages. Peut-on haïr un enfant ? Qui sont les réels monstres ?

Encore une fois, j’ai eu les mots aux bords des lèvres. Car chaque expression utilisée par Maud n’a rien d’innocente. Chaque terme est senti et ressenti. Les mots/maux sont lourds de sens. C’est une lecture physique, les odeurs nous percutent, l’effroi nous glace alors que le plaisir de la lecture nous fige dans une posture incongrue. Ce quatrième roman est une expérience forte à la hauteur de l’énergie qu’il a dû demander.

La puissance de Maud est de frôler la réalité, de lui donner corps et la charger d’âme. Elle donne naissance à cette littérature à travers un flot d’émotions. Ces émotions, elle les façonne, les pétrie. De la boue jaillit une lumière froide. Le lecteur est bousculé, il effleure le chaos, semble à deux doigts de le malaxer tout en le craignant.

Dire que j’aimé est un euphémisme.

Editions Anne Carrière

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