IMPACT – Norek

Déjà le sixième roman d’Olivier Norek. J’avoue c’est un auteur que j’aime. J’avais adoré sa trilogie et j’ai découvert au fil du temps un type d’une simplicité remarquable (lors de certains salons) et d’une grande humanité, confirmé notamment à travers Entre Deux Mondes.

Nous voici à la veille de la prochaine présidentielle. Virgil Solal, ex soldat des forces spéciales, devient écoterroriste à la mort de sa fille. En cause la pollution !  A la tête de Greenwar, il décide de faire payer les industries pétrolières, les banques et ceux qui sont à leurs têtes, le tout, sans oublier les politiques, les magistrats et ceux cachés dans la pénombre qui profitent allégrement de ce système pourri et meurtrier. Une part de notre humanité est abjecte. (là? c’est moi qui parle, pas Olivier, mais sans doute serait-t’il d’accord)

Comme je me plais à le répéter, le roman noir n’est jamais aussi bon que lorsqu’il se fond dans notre quotidien pour mieux mettre en exergue nos maux. Ceux dont notre société souffre. Au lieu de prendre fait et cause pour une blondinette à couettes manipulée, Olivier construit son brulot. Il le documente. Certains y verront davantage un manifeste écologiste plus qu’un polar, d’autres, comme moi, se rêveront à voir Impact prendre forme dans un hypothétique fantasme, en attendant de découvrir des pandas à chaque coin de rue.

Reste qu’Impact se dévore. Techniquement, c’est un très bon page turner. Que l’on soit ou non en accord avec Olivier, au-delà du syndrome de catastrophe écologiste et de futur homicide à très grande échelle, l’auteur soulève à mon sens une question qui rejoint celle de Jean-Luc Bizien. A cette heure, au 21ème siècle, la justice, doit-elle être impérativement légale ou non ? Voilà, vous avez 4h !

Cet ouvrage sera à n’en pas douter reçu de manière manichéenne. On aime ou pas. C’est vif. Ça envoie du pâté et ne s’embarrasse pas de détails. C’est brut ! Honnêtement, il souffre de quelques raccourcis, notamment dans la manière où Virgil s’entoure de sa petite armée, ou de personnages qui auraient pu être davantage creusés comme Nathan Modis le capitaine au 36. Pourtant, comment ne pas s’attacher au combat de Virgil, et surtout à la sensibilité de Diane Meyer, la psycho criminologue. Tu l’auras compris lecteur, les personnages majeurs d’Impact sont costauds, à la hauteur du roman.

Pourtant l’essentiel est ailleurs. J’entends par là, la partie Références en fin de livre. On y trouve les recherches d’Olivier. La fiction prend alors toute sa dimension. A l’heure du très politiquement correct, il fait bon avoir un romancier qui ose mettre les pieds dans le plat. Impact prend alors une autre tournure. Il ne se fait plus plaidoyer. Il ouvre les yeux du citoyen sur cette longue litanie qui nous accable et nous détruit au quotidien. Notre monde d’après est-il déjà écrit ? Sans doute en partie. Comme a écrit Frank Herbert dans sa saga écolo-sablonneuse, le dormeur doit se réveiller. Perso, j’ai mal à ma conscience et les bras m’en tombent lorsque je vois comment nos gouvernements successifs traitent cette priorité majeure.

Question : le PDG de Total a-t’il reçu un exemplaire d’Impact ?

nota : j’ai eu la réponse à ma question !

Editions Michel Lafon

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Mais je veux bien connaître la réponse aussi ! 😋

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    1. prvst dit :

      elle est sur twitter 😉 et presque secrète

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      1. Mince ! J’ai pas Twitter 😂

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