ET PUIS MOURIR – Bizien

Gilets jaune, la révolte des sans-dent, des sans-avenir, l’insurrection populaire le long des belles avenues haussmanniennes, quand dans les immeubles huppés, des morts d’une rare violence s’égrènent. Rien ne filtre chez les médias pour l’instant. Un tueur. Chaque samedi, un mort de plus en parallèle des événements. Des morts mais personne ne tue sans raison.

Une aubaine politicienne pour discréditer le mouvement populaire ou une tannée policière. Rien n’est joué.

L’enquête est confiée à un duo de flics. Le breton et le corse. Le Commandant Jean-Yves le Guen et le Capitaine Patriziu Agostini, tous deux attachés au nouveau 36. A chacun sa vision du métier. La vérité et la justice. Et si de temps à autre, les deux notions se mélangent, il est faut parfois faire des choix. Le plus difficile, les assumer.

Le choix, c’est ce que Gabriel a fait en étant infirmier en Ehpad, en accompagnant une malade d’Alzheimer. Un métier tout sauf facile quand l’oubli devient une souffrance impossible à partager.

Jean-Luc signe chez Fayard et revient au polar. Au très bon polar. Il ne cède pas à la facilité. Ambiance lacrymo sous les yeux globuleux des voyeurs rivés aux chaines d’info continues, facture classique mais personnages charpentés qui vous accompagnent.

Gilets jaune et forces de l’ordre, un diptyque facile à caricaturer. Pourtant Jean-Luc évite cette facilité pour nous contraindre à nous questionner sur la vision de la justice, sur le poids de la vengeance. Ces visions sont singulières. Jamais innocentes. Chacun de nous se joue avec un équilibre précaire sur le sujet. 

En aucun cas, il ne juge, ni ne critique ce mouvement. En revanche, il l’utilise à bon escient et cela devient un décor, un personnage lointain, mais qui, si on l’ôte, rend la peinture de l’œuvre, bancale, caduque.

Au fil de la lecture, Et Puis Mourir, devient alors un polar plaisant, au scénario solide, qui porte le lecteur jusqu’à la fin. Un instant particulier. Une intelligence rare qui .n’enfonce pas les habituelles portes.

Editions Fayard

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Dans ce roman, Jean-Luc Bizien permet à la littérature populaire de rencontrer la révolte du peuple. Je suis d’accord, l’auteur ne prend pas parti, reste en retrait, mais le simple fait de placer son intrigue dans ce contexte offre à ce mouvement le plus beau des cadeaux, celui de pénétrer le monde de la culture. En cela, il s’agit bien d’une œuvre engagée.

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