BETTY – McDaniel

Entre ombre et lumière, Betty est un roman flamboyant qui s’inscrit dans ceux que l’on n’oublie pas.

Née d’une double lecture avec mon amie Ophélie, https://quandophelit.com/, c’est une rare occasion de partager nos ressentis. Bien nous en a pris car Betty, est un flot d’émotions sous une écriture lyrique qui vous propulse et vous terrasse à la fois.

La chronique de mon amie : https://quandophelit.com/2020/10/04/betty-de-tiffany-mc-daniel/

Ohio dans les années 60, Betty a 7 ans. On la lâchera, 700 pages plus tard, en 1973 pour ses 19 ans. Betty est celle qui a la peau un peu trop sombre dans une Amérique trop blanche. C’est la petite indienne de Landon Carpenter, une sorte de gardien des traditions Cherokees en communion avec la nature et d’Alka, une mère blanche qui traine ses parts d’ombre.

Un père et une mère, des frères et des soeurs. Landon porte avec lui ses rêves et une vision du monde sensible, Alka, son passé et la souffrance. 2 sexes, 2 couleurs, 2 univers que tout sépare, comme l’ombre et la lumière.

Betty est un roman sur les liens entre un père et sa fille. Betty fait partie d’une fratrie de 8 enfants dont Fraya la grande sœur, Flossie la jeune fille trop rêveuse, Trustin le rayon de soleil. Betty est douée pour raconter des histoires. Elle écrit certaines sur des petits papiers qu’elle enferme dans des bocaux. Parfois avec ses sœurs ces petits mots glissés prennent la forme de rituels. Pourtant des enfants meurent dans cette famille. Parfois par accident.

Betty, malgré ce père, brillant, touchant débordant d’amour se voit confronté à une réalité crue. Car c’est également l’apprentissage d’une enfant face au racisme, à la discrimination, à l’atteinte faite aux femmes, à ce que les enfants peuvent subir de pire. C’est l’innocence qui s’étiole ou que l’on brise. Betty est une femme en devenir et dans cette Amérique qui a déjà fait le choix des enfants qu’elle veut voir sur son sol. Betty est une addition de douleurs sous un soleil porté par mille parfums.

Et moi la dedans, comment j’ai réagis ? Tiffany McDaniel, la fille de la vraie Betty enrobe cela d’un lyrisme envoûtant. Mais est-ce bien important ? Sans doute pour créer une œuvre aussi forte.  Ce roman est presque hors du temps. Il n’est bâti que sur des sensations. Je passe de la poésie à l’estomac qui se révulse. Je pense à mon amie qui lit avec les yeux au bord des larmes. Je pense à Betty en fermant le livre quand cela devient trop lourd à porter. Pourtant j’y retourne porté d’une nécessité, celle d’aller jusqu’au bout, tiraillé entre l’épuisement et l’envie. Betty est la surprise de cette rentrée littéraire. C’est une œuvre profonde qui marque le lecteur.

Editions Gallmeister

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Tous les avis sont unanimes ! Difficile de résister 😏

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  2. Cohen Ophélie dit :

    Que d’émotions mon ami…

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