LES DYNAMITEURS – Whitmer

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Le roman noir n’est pas que polar ou thriller. Il sait prendre de multiples apparences. Avec Les Dynamiteurs, il revêt une nouvelle vision du monde. Celle des gamins abandonnés.

Fin du XIX eme siècle, Denver, les bas-fonds. Il faut survivre. C’est encore plus difficile lorsque l’on est orphelin. La vie ne tient qu’à un fil. L’enfance est déjà un lointain souvenir. Le monde des adultes est empli de violence et de corruption. C’est dans ce maelström que Cora et Sam tentent de vivre en protégeant la marmaille dysfonctionnelle qui gravite autour d’eux. Cora, 15 ans est la protectrice par excellence. Sam, 14 ans, quand un homme aussi monstrueux que muet les rejoint, se laisse entrainer dans l’univers des adultes, les « Crânes de Noeud ».

Dans ce monde des laissés pour compte, ceux pour lesquels le rêve américain sera à tout jamais inaccessible, l’adolescence de Sam explose entre prostitués, voyous, tripots et lynchages.

Les Dynamiteurs est un roman noir initiatique. Sam apprend. Il s’interroge sur ses choix, leurs conséquences, leurs influences sur sa relation, son amour pour Cora. Devenir un homme est accepter de voir son enfance partir au loin. Pour Sam l’innocence est déjà un lointain souvenir. Mais il lui faut  accepter de sortir d’un univers qu’il maitrise pour se jeter brutalement dans celui des adultes. Mais comment vivre lorsque dans une ville ravagée par la crise, l’humanité est absente ? Comment grandir quand l’enfance et l’innocence d’une poignée d’orphelins, mendiants et voleurs, survit comme elle peut, côtoyant le sordide ? Chaque détour des ruelles, s’ouvre sur un danger. Toute possibilité de s’extraire de sa situation semble déjà terrassée pour ces gamins qui ne seront à jamais que des déshérités. Pourtant, Sam en étant le traducteur du colosse Goodnight, l’homme muet au visage détruit, tente de porter avec lui, l’idée d’un lendemain.

Il y a une once de Dickens, mais ce roman noir porte aussi en lui, les traces d’une future Amérique où le profit et la puissance des uns sur les plus faibles, aidés en cela par une armée de soumis attachés à quelques rares privilèges, provoque une certaine idée de la destinée.

Les Dynamiteurs est à la frontière entre roman noir et littérature blanche. Il porte les stigmates de la tragédie. C’est un livre qui marque. Solide, enthousiasment, un roman que l’on accompagne avec plaisir au long de la lecture.

Editions Gallmeister

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Aude Bouquine dit :

    Une chronique qui donne envie 😉
    Dans ma PAL mais retard de dingue…

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    1. prvst dit :

      pas d’urgence, donc pas de retard. C’est décidé, je prends mon temps maintenant

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  2. Cohen Ophélie dit :

    Bientôt en lecture !

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