Le Livre de M – SHEPHERD

2020 réserve de belles surprises littéraires. Peng Shepherd signe ici une œuvre différente, un monde où l’apocalypse a commencé un jour, où en Inde, un homme a perdu son ombre et avec elle ce qui fait de lui un homme, ses souvenirs, sa mémoire.

Alors oui, il faut laisser le temps à ce livre de vous imprégner. Il ne s’offre pas facilement. Mais une fois glisser dans les mots de l’écrivaine, on se fond dans une ambiance particulière et forte.

Une épidémie et le monde s’effondre avec lui, pas seulement les institutions mais la civilisation. Le Livre de M est un roman fantastique. Fantastique dans tous les sens du terme. Tant sur le fond que dans la forme. Peng Shepherd se complait à dessiner un monde. Avec elle, nous suivons le parcours de quelques survivants. C’est sensible et violent à la fois. Par moments cette ambiance post apocalyptique devient belle, poétique, à la mesure de l’histoire d’amour de  Max et Ory. Cette déclaration d’amour ultime d’une femme qui sent sa fin arriver sur un magnétophone est splendide. Puis parfois elle devient magique comme lorsque les sans ombres comblent le vide de leurs mémoires emportées par de faux-souvenirs, de nouveaux souvenirs qui prennent forment et deviennent réalité. On s’envole presque avec Peter Pan avec la recherche de son l’ombre. Mais Shepherd sait aussi faire preuve de violence car dans ce nouveau monde tous peuvent s’affronter à la moindre occasion.

Si tout commence en Inde auprès de Hemu Joshi le premier à perdre son ombre, très vite on se plait à suivre Max puis Ory, puis Naz, une iranienne expatriée aux États-Unis  archer, en lice pour les JO, puis Paul et Immanuel, avec eux on parcourt la route d’Arlington en Virginie  à La Nouvelle-Orléans où, « Celui qui Rassemble » aurait trouvé un moyen de vaincre l’Oubli.

L’Homme n’est emplit que de souvenirs. Sans cette capacité, il est incapable de vivre, de se nourrir de subvenir à ses besoins essentiels. Notre capacité à nous souvenir va au-delà de notre simple mémoire. En cela, Le Livre de M est une œuvre à part. Elle ne ressemble à rien d’autre de ce que j’ai pu lire auparavant. Il y a un côté quasi mystique où l’amour est le plus fort des souvenirs. Ce roman phénomène outre-atlantique mérite que l’on s’y attarde.

 Editions Albin Michel Imaginaire 

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