LA CATABASE – Jakoli

La Catabase ou le rencard manqué.

Ce polar noir fait partie du Prix des Auteurs Inconnus dont j’ai la chance d’être un des chroniqueurs et à ce titre, je dois avouer mettre laisser aller à une lecture attentive.

La couverture est belle. Très bien travaillée. Tous les éléments du noir sont présents. Aucun doute, je vais nager dans le thriller à défaut dans un vrai polar. Elle est sombre et efficace. Le bandeau avec la citation de Ghislain m’attire. Sur un linéaire de libraire. Il est clair que je prends ce livre et le retourne pour en savoir plus. Là, débuter par un extrait c’est offrir plus qu’une promesse. Nous sommes dans un roman noir. C’est clair. La bio est courte et elle fait sens. Elle donne de la maitrise à l’auteur. Toutefois, la mention tiré de faits réels m’interpelle. C’est agaçant comme on peut être curieux voire voyeur durant ces moments.

Aucune fioriture. On entre dans le vif du sujet de manière brutale. Sur le fond, l’auteur ne se limite pas. Il frôle le gore parfois, y plonge souvent. Il ne s’embarrasse pas de faux semblant. Dans la forme, j’ai pu relever quelques incongruités, mais franchement ce n’est pas le débat.

L’écriture de Jakoli épouse le fond. Elle est saccadée, bardée de phrases courtes et riche de dialogues.

Débuter par un supplice est un pari. Soit le lecteur arrive à y survivre, soit il abandonne. Je suis passé au second chapitre. La relation familiale est tendue à souhait. Je suis bien dans un roman noir. Un truc violent, qui si je le continue va sans aucun doute secouer. Je dois être un peu maso. Je continue.

Pourtant un truc me gêne. Le poids du 1er chapitre versus les autres.

Le poids de l’horreur. L’assassinat de Karen Wagner. Une tendance à virer vers le malsain. A mon sens, l’horreur n’est jamais aussi puissante que lorsqu’elle est suggérée. L’écrire est un exercice. Le lire également. Avec La Catabase, il me manque une respiration, une once de subtilité. Si les chapitres sont courts, il semble me manquer un liant. A mesure que j’avance, chapitre après chapitre, la mécanique se découvre, les déviances et les errances. Le mouvement devrait se créer, mais je passe à côté. Il me manque du fond pour ne pas uniquement  me focaliser sur les  déformations des personnages. Qu’il s’agisse de Matt Leymans ou de Gabriel Dumas, de la caste ou des élus, tous me semblent un peu caricaturaux.

Avoir de la matière est un des fondements du polar. Jakoli comme un certain nombre de flics en bénéficient. Mais raconter une histoire ou l’écrire c’est avant tout savoir emporter le lecteur avec soi.  Ma lecture de La Catabase est assurément l’idée ce que l’on peut se faire d’une rencontre qui n’a pas eu lieu. Enfin, si, mais sans le déclic.

Editions Phenix Noir

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