POWER – Mention

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Le bouquin de Michael sous les yeux, une BO Soul fin de 60s (merci MagicWil, mon créateur de playlists d’enfer perso) calée dans les oreilles et me voilà embarqué pour une immersion d’une journée chez les Black Panthers. Une journée, car une fois en main, impossible de se séparer de ce bouquin.

De février 1965 à octobre 1971, je plonge à l’époque du pasteur King, de Malcolm-X et de Bobby Kennedy. Tous 3 assassinés. Une période pas si lointaine. Mon âge. Et pourtant, comme une page d’histoire.

Power, écrit en deux parties comme le programme du Black Panther Party for Self-Defense. Deux axes, What we want (ce que nous voulons), What we believe (ce que nous croyons).

Power. Le pouvoir. Celui d’un écrivain qui dépote, qui sait poser des mots, leurs conférer une puissance et s’en servir pour créer une émotion. Je n’en doutais pas une seconde après avoir été subjugué par Manhattan Chaos, mais, il me fallait rattraper mon retard. Power était là, posé dans ma PAL  depuis un certain temps, me susurrant à l’oreille « vient me lire, tu vas encore en prendre une sérieuse en pleine face ». Fait est qu’avec ce roman, je surfe à la frontière entre réalité et fiction. Elle est fine. Très fine. Une fiction pour faciliter l’acceptation.

Le travail de recherche a dû être immense. Un full time job à la limite du journalisme. Pointilleux. Sans concession. Cela s’avale comme un roman entrainé par une mise en perspective bâtie sur trois personnages tranchés, femme/homme, blanc/noir, flic/Black Panthers, autant de points de vue. Charlène, Neil et Tyrone. Autant d’espoirs que de rêves brisés. Autant de besoin de liberté que de vengeance, de croyance et de mensonge.

Passionnant, allant crescendo, de la naissance du mouvement à sa destruction via le programme COINTELPRO du FBI (Counter Intelligence Program / programme de contre-espionnage visant à détruire des organisations non conformes aux idées de J.E Hoover),  c’est l’Amérique des années 60/70 qui défile sous mes yeux, celle où l’on assassine ses leaders, celle qui voit défiler ses présidents. Une Amérique en prise avec ses maux, racisme, suprématiste, drogue, oppression, meurtre, révolte, rage, radicalisation. Celle d’un état contre certains de ses citoyens, lutte armée et lutte des classes. Michael Mention joue la carte du réalisme, celle de la conscience sociale enracinée dans la réalité, le Viet-Nam, les JO de Mexico, Manson, Zodiac. Tout y passe. Un pays fait de peur et de colère, le tout avec des années de musique qui défilent. Car c’est aussi cela Power. La puissance du son. James, Wilson, Curtis, Otis, explosent.

Immédiatement, je me suis rappelé Harlem mais aussi Atlanta (où je n’ai jamais été aussi bien accueilli dans une église que dans celle où officiait le pasteur King), ou quelques quartiers dans certaines villes d’Afrique où je me suis senti blanc, différent, où le prisme s’est inversé. Quelle claque pour enfin comprendre. Mais là n’est pas le propos.

Je reviens à ce roman pour évoquer la qualité d’écriture. Elle groove. Elle est intense. Une fois débuté, impossible de le lâcher. Ou mon cerveau s’engourdit au gré de la lecture et je suis pleinement immergé dans Power ou Michael est un putain de romancier et je suis totalement plongé dans le roman.

Bref, pour ceux qui ne l‘ont pas encore lu, le retard est à combler d’urgence. Power est un roman extraordinaire, qui donne du sens à l’Histoire à une période où les USA boguent. Et ils ne sont pas les seuls. 

Donc bravo Michael, et merci pour ce livre aussi poignant que puissant !

Editions Stéphane Marsan & 10/18

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je dois toujours le lire car il est dans ma PAL, mais j’ai l’impression qu’il faut que j’attende le bon moment…

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    1. prvst dit :

      Il faut que ce soit une rencontre
      Ce livre est fort et il le mérite

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      1. Oui c’est ce que je ressens avec les différents avis que je lis !

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