COUPABLE ? – Loison

Deux histoires, Garges-Lès-Gonesse, Val d’Oise et Scottsdale, Arizona. Un môme torture un vieillard dans la plus grande intimité, un cambrioleur abat un oncologue réputé  dans sa maison sous les yeux de sa famille. Deux récits parallèles, vol avec violence et un homicide involontaire.

A première vue la culpabilité ne fait aucun doute. Sauf que…

Système carcéral, système judiciaire américain, tout y passe. Laurent cale de bons personnages secondaires, épais, ambitieux, sûrs d’eux. Tant dans la haine qu’à travers la volonté de pouvoir. Les pires êtres ne sont pas toujours derrière les barreaux. Ce n’est pas le style de Laurent qui me frappe. Il est très convenable, et correspond parfaitement au roman noir. Mais encore une fois, ce qui me frappe est bien son aptitude à édifier des héros et des héroïnes pour mieux les abattre, les dévaster.

Que cela soit Ivan ou Patrick Stone, Julia ou Kenza, le gouverneur Stephen Longford, le légiste ou le procureur, chacun doit assumer ses choix. Et moi, pauvre lecteur, les miens. Et en particulier celui de ressentir des émotions pour certains d’entre-eux.

Car très rapidement arrive la notion de deuil et la volonté de vengeance.

L’un va-t-il sans l’autre ? 

Ils ne sont jamais seuls. Ils s’accompagnent de leurs pendants.

La compassion et la justice.

Sont-ils des vains mots ? Il est aisé de se dire que l’on veut la tête de celui qui a commis le pire. De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas. Mais quand au bout de l’histoire, la mort est la seule sentence réclamée, cela confère un prisme dans lequel notre regard se perd. Soyons magnanime ou à défaut intelligent ? Qui sommes-nous pour  juger un homme ? Pour infliger une telle punition ?

La capacité à surprendre est frappante chez Laurent. Un truc déjà vu avec Cyanure et Charade.

=> https://nigrafolia.fr/2017/09/25/cyanure-loison/

=> https://nigrafolia.fr/2016/11/23/charade/

Et encore une fois, je me suis laissé avoir. A force d’être baladé d’un personnage à l’autre, alors que mon point de vue se construit tel un juré d’assise, que mon idée de la justice, de son équité  se stabilise, il arrive à me désarçonner.

Reste à la fin, un rembobinage express, une lecture parallèle pour le lecteur, introspective, avec la certitude de voir le sourire malicieux de l’auteur s’afficher sur son visage, satisfait de m’avoir trimballé dans ses chausse-trapes.

Il fait de Coupable ?, un très bon thriller judiciaire.

Editions Slatkine et Cie

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