TOUTES LES FEMMES ONT UNE HISTOIRE – Cohen

Il n’y a pas de lumière sans ombre disait Aragon

À une période où je lis beaucoup de premiers romans, d’auteurs inconnus, notamment à travers le PAI (Prix des Auteurs Inconnus 2020), j’ai eu la chance de m’octroyer un parallèle.

On m’a fait confiance pour partager un manuscrit.

Un premier roman est une chose fragile, délicate.

L’auteur y met de lui. Souvent, c’est écrit avec les tripes et le cœur.

Dans le cas contraire, ce n’est généralement qu’un amalgame pétri de platitude et de lieux communs.

Un autre reproche fréquent que je fais aux premiers romans, est le manque d’épaisseur des personnages.

Enfin il y a la structure. Elle s’apprend, elle se travaille, elle s’optimise. Elle se professionnalise avec le temps.

Là, il n’est nul besoin de la corriger. Ce serait mettre à mal, le côté brut de ce livre, lui ôter une partie de sa puissance.

Toutes les femmes ont une histoire. Celle-ci est centrée sur son personnage principal, Héloïse. Elle est faite de doute et de douleur. Chaque journée est un combat, pour être, pour vivre. Héloïse est humaine. Elle porte une part de nous.

Ce livre est un chemin de traverse, un lieu sombre où chaque personnage est illuminé pour ce qu’il est.

L’ombre et la lumière. L’un sans l’autre n’existe pas. Il n’est d’amour sans tourment. Il n’est de vie sans souffrance.

C’est le cœur.

Aimer, c’est savoir se découvrir aux yeux de l’autre. C’est s’autoriser à se dévoiler, à montrer ses faiblesses et à les accepter. Accepter de voir dans les yeux de l’autre notre reflet.
Héloïse est l’addition de son histoire. Une femme pétrie d’une succession de combats.

Comme nous tous, finalement. Sauf que les siens sont exacerbés et font de ce premier roman un ouvrage poignant, où parfois, j’ai eu besoin de souffler pour mieux me replonger dedans.

C’est les tripes.

J’ai aimé le style musical à souhait, incisif.

Je parlais, il y a quelques lignes d’aspect brut. Je n’entends pas là la rusticité, ce truc grossier, mais véritablement, d’un style débarrassé de toute scorie, parfois à l’os, souvent brutal, définitivement versé dans l’émotion. De temps à autre, une ligne de fuite se dessine vers la poésie. Heureusement quelques tournures, de ci de là, apportent un semblant de légèreté, de sourire.

Car le sujet est grave et le fond bouleversant.
Pour ce qui est de la forme, tapisser une vie en une descente de rhum, en un soir, est un exercice en soi. C’est offrir l’introspection et savoir user des sensations pour que le lecteur accompagne l’auteur et surtout ses personnages.

C’est le ventre.

Il y a peu, j’écrivais* que les jeunes auteurs tout comme les éditeurs doivent lorsqu’ils sont tout petits se différencier. C’est bien de cela dont je voulais parler. Ce roman fait fi des frontières. Il ne joue pas sur un genre particulier. Nul doute que c’est sa seule entrave. Mais cela ne concerne pas le lecteur.

Toutes les femmes ont une histoire est un livre physique, un uppercut au foie.

C’est la preuve que de nouveaux auteurs ont des choses à écrire et des émotions à partager. Maintenant que ce roman est né, il s’agit de décider la maison qui voudra le faire grandir.

*#coupdegueule, La fringale culturelle

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Cohen Ophélie dit :

    Un grand merci pour ton avis, plein et entier. Pour le temps que tu y as passé. Pour me donner le courage de continuer.

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  2. Voilà une histoire qui semble bien prometteuse !!!

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