CELLE QUI PLEURAIT SOUS L’EAU – Tackian

La justice chez Tomar et son équipe est le maitre mot. Ils luttent au quotidien pour redresser les injustices. Celles faites aux femmes ont la part belle dans ce troisième opus, après Toxique et Fantazme, mettant en scène Tomar Khan. Niko n’est à mon sens jamais aussi bon, j’entends par là, aussi intime et percutant que lorsqu’il met son héros récurent en scène. Tomar est son porte-voix.

On débute avec une enquête autour de Clara, retrouvée les veines ouvertes dans la piscine Pailleron. Un suicide n’est jamais innocent. On lèche les effets du déménagement 36 au Bastion, les conditions de boulot de ces flics qui font front à la souffrance au quotidien. On se plait à suivre les démêlés de Tomar avec sa nouvelle proc. Mais surtout on se frotte aux manipulations et à leurs effets psychologiques sur des femmes.

Quatre femmes tiennent ce roman à bras le corps. Rhonda qui est particulièrement mise en exergue, l’adjointe de Khan, sa compagne, prend de l’importance. Elle révèle d’autres aspects de sa personnalité et prend une nouvelle dimension. Ara, la mère de Tomar, faite de sensibilité et de bienveillance est encore plus touchante qu’auparavant. C’est deux-là sont les femmes de Tomar, ses piliers, celles qui couvrent ses failles, les acceptent. Ensuite, il y a Clara la défunte qui emporte dans ses larmes, sa douleur et la violence d’un homme qui l’a balayé. Tackian évite soigneusement le pathos pour ne nous laisser que l’introspection et surtout la possibilité de prendre de plein fouet, une réalité qui se plait à vivre masquée dans notre quotidien. Et enfin Ovidie Metzger, la nouvelle procureure perfide et intelligente à souhait. Cette dernière est au moins aussi complexe que Tomar. Je gage qu’elle prendra plus d’ampleur à l’avenir.

Niko a volontairement mis Tomar en retrait dans cet ouvrage. Certes, au cœur de l’une des intrigues il est encore question de trafic mais c’est assurément de l’humain dont plaide Tackian. La violence conjugale, la manipulation mentale, les victimes sans voix. Celles qui pleurent sous l’eau (j’ai juste adoré ce titre si poétique et si juste). Tomar est un héros au sens noble du terme. N’hésitant pas à braver le danger pour faire éclater la vérité. Mais l’intelligence de l’auteur est de faire grandir ses personnages pour capter notre attention, pour nous éclairer sur ce que nous ne voulons pas voir. Tomar reste fonceur, bagarreur, attachant mais Rhonda, Ara s’ouvrent enfin.

Le style de Niko va à merveille avec ce livre ? Il est vif. Les scènes sont visuelles. Le scénario tient la route. Même si je dois avouer, il y a quelques légèretés prises avec quelques rapidités d’exécution. Ce qui est totalement pardonnable tant la sensibilité prend le pas sur l’action.

Avec Celle qui pleurait sous l’eau, Niko fait évoluer son personnage. Il devient encore plus humain, plus attachant, comme un parallèle avec l’émergence d’une nouvelle dimension chez Tackian.

Oui, je le répète, les auteurs du noir ont du cœur. Et ils ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils se font l’écho des travers de notre société.

Editions Calmann-Levy

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Aude Bouquine dit :

    Tout à fait ! Les auteurs du noir sont des témoins de notre société !

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  2. Aude Bouquine dit :

    Yannick lis le dernier Colette !!

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  3. Les romans noirs ont du coeur ! J’adore cette formation !

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