UN(E)SECTE – Chattam

Le précédent thriller de Maxime Chattam m’avait laissé dans le doute.  A la fin de ma lecture, Je n’avais pas été franchement convaincu par Le Signal.  Bref, je ressortais avec une petite idée derrière la tête. Il en gardait sous le pied et avait cédé à la facilité. Oui, on a le droit de ne pas aimer tout, tout le temps.

Avec Un(e)secte, l’auteur revient aux sources.  Chattam marque un retour vers le mal. J’ai enfin retrouvé l’auteur de cette fabuleuse trilogie. Celui qui embarque un lecteur et le tient entre ses mains. Dès le prologue, j’ai été victime d’un profond malaise. J’ai adoré être malmené physiquement à un point où je commençais à me gratter en tournant les pages, à être attentif aux petits bruits la nuit.

A travers ses 2 personnages principaux, Kat Kordell et Atticus Gore, bon nombre d’insectes, scolopendres et araignées, ont la part belle. Pourtant, il n’y a pas que cela. Deux enquêtes, deux raisons de frissonner.  Los Angeles, les anges sont loin.  Kat, la détective privé, fait pour la première fois face à la souffrance alors qu’elle se lance à la poursuite d’une jeune fille disparue. Gore, son badge du Los Angeles Police Department à la ceinture, est sur la corde raide quand il est appelé sur un code 187, un meurtre.

Que cela soit sur Silver Lake ou Skid Row, les fantômes s’agitent avec discrétion. Ils sont la partie à peine visible des oubliés. Un soupçon, au regard des 90 000 personnes qui s’évaporent pour de bon chaque année.  

Maxime Chattam, multiplie les thématiques. Futur de l’homme, espèce humaine en devenir ou en déshérence, manipulation d’autrui, dérives sectaires, entre autre, ne sont qu’un avant-gout de ce thriller réussi sur lequel plane un Armageddon écologique de toutes ses petites bestioles, les insectes. – Sommes-nous réellement gonflés et pétris d’outrecuidance au point de sacrifier notre espèce de manière volontaire ou par aveuglement ?

Quand il s’agit de créer, maintenir ou exploiter une personne dans un état de sujétion psychologique ou physique, la priver de son libre arbitre, ou de prendre le contrôle des insectes à distance, comme la Darpa qui insérait des puces dans des larves de papillon, la frontière entre la réalité et l’œuvre fictionnelle est ténue. La force de Chattam est de maitriser ses histoires.  C’est dans les scènes dynamiques, qu’il transcende le ressenti de ses personnages sur fond de métal (musique), qu’il force le respect.  

Aucune inquiétude pour le lecteur lambda, il n’y a rien de scientifique, pas d’entomologie, pas de technologie, juste la maitrise du noir, de l’art de créer un malaise. Avec, Un(e)secte , je suis revenu dans l’inconfortable. Cela fait du bien.

Edition Albin Michel

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