DE BONNES RAISONS DE MOURIR – Audic

Bienvenu dans ce qu’il reste des soviets, le froid, une terre morte, la radioactivité.

Morgan Audic déménage avec De bonnes raisons de mourir. Pripiat, à un jet de pierre de Tchernobyl, une ville morte abandonnée sauf par quelques touristes en mal de sensations. C’est un guide qui découvre ce cadavre mutilé sur la façade d’un bâtiment et non loin de lui des animaux empaillés. Et me voilà, lecteur, totalement contaminé.

Avec ce second roman, Morgan Audic, pose un page-turner vif et intelligent. L’intrigue est captivante et le switch d’enfer. A peine ouvert j’ai été saisi par ce thriller en ex-Union Soviétique.

Le cocktail est détonant.

Les personnages sont tranchés. La mafia russe, un vieil oligarque Vektor Sokolov, deux flics, Joseph Melnyk policier intègre à Tchernobyl et Alexandre Rybalko, vétéran de la guerre de Tchétchénie et flic métisse moscovite divorcé et plus que dépité, une jeune femme, Ninel, travaillant pour une ONG et un tueur taxidermiste. Dans cette contrée désolée et funeste, le corps de  Léonid  Sokolov fils d’un ancien ministre fait la jonction entre le 26 octobre 1986, jour de l’explosion de la centrale nucléaire de et aujourd’hui.  Tout porte à croire que ce crime est lié à un double homicide qui a eu lieu ce jour-là.

Le lecteur est tenu en haleine par l’histoire. Pourtant son cerveau cavale. Impossible de ne pas réfléchir car De bonnes raisons de mourir est riche.

Les thèmes sont nombreux. Bien entendu, la première en tête de peloton est la catastrophe écologique et ses conséquences sur les populations et les territoires.

Mais Audic peint également la pauvreté galopante dans cette Ukraine délaissée. Il n’oublie, ni l’exploitation des matières radioactives dans cette région perdue où viennent se gaver des hommes qui ne reculent devant rien pour l’appât du gain, ni la guerre du Donbass, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, où une génération se sacrifie pour le pouvoir d’autrui, ni même le racisme dans un pays où on n’imagine pas la vie d’un noir fut-il russe.

Soutenu par un rythme fascinant, ce thriller est une immersion dans la peur. Pas forcément celle à laquelle je suis habitué à la lecture de romans noirs. La peur, celle d’une mère pour son enfant soldat, celle des hommes foulant cette terre nocive, celle d’hommes que la mort dévore à l’intérieur.

La gaieté a abandonné ces territoires. Dans ce roman, il n’y a plus qu’amour, haine, poussières radioactives et tout cela crée un très bon moment de lecture.

Editions Albin Michel

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Voilà une chronique qui rend bien justice à cet incroyable roman !

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