REGRESSION – Papillon

Fabrice Papillon m’a récemment scotché – et oui, j’ai récupéré mon retard dans les découvertes, avec son premier roman, LE DERNIER HYVER.

Restait à dévorer ce nouvel opus. Pour ce second thriller-écolo-scientifique,  il reprend sa recette. Mix passé/présent, personnages historiques, thriller actuel et science. Donc pas de surprise sur la forme.

Mais, il s’agit là d’une mécanique fragile où la mise en oeuvre réclame du doigté. Il faut être doué pour couvrir 38 000 ans en un seul livre. Et si l’auteur veut rendre ça passionnant, cela demande un chouia de précision pour ne pas perdre son lecteur.

Bref on commence 36 000 ans avant Jésus-Christ avec la famille de Gnva, sa femme Chta et son fils Bvé, pour finir en février 2020 dans une caverne Corse entrainé par Vannina Aquaviva, capitaine de gendarmerie qui officie sur une scène de crime barbare. Vannina est aussi mazzera. Elle a hérité d’un don de prophétie. Elle porte la mort à travers ses rêves.

Et voilà, une bonne partie des éléments de Régression sont sous mes yeux. De là à trouver le rapport entre un crime Corse avec Neandertal ou l’Homme de Denisova, il faut tout le talent de Fabrice pour m’accrocher durant 500 pages.  Avec une construction toujours précise, il alterne, passé et présent, pose quelques grandes figures de l’histoire qui se transmettent un secret. L’auteur se joue du relief donné à cette histoire qui prend ses sources au plus lointain pour nous entrainer dans une enquête de police, qui je l’avoue, s’avère être le terreau d’un excellent thriller. Un vrai page turner. A tel point que j’en ai oublié le procédé, pour ne m’attacher qu’à cette traversée des siècles.

S’il est divertissant, ce roman sait se faire tranchant et brutal. Fabrice Papillon n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de l’Homme et de son évolution, de son aptitude à casser ses jouets ou bien ses semblables. Papillon distille également un côté scientifique. Régression nous parle de l’Homme, sa trace sur le monde, la nature. A travers l’ADN mitochondrial ou la parenté phylogénétique, c’est de l’héritage des gènes, qu’il vulgarise. La survie de l’humanité, son ancienneté ne sont pas réservées exclusivement aux scientifiques ou aux ethnologiques. Mise en perspective, ce roman me régale de notre chute. A trop vouloir évoluer, chaque génération creuse un peu plus la tombe de la suivante.

Bref, ce second roman, est aussi intelligent que le premier, aussi addictif. Une franche réussite.

Editions Belfond

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