DU POISON DANS LA TETE – Saussey

Hier a vu la sortie d’un nouvel opus de jacques Saussey mettant en scène Daniel Magne et Lisa Heslin. Mes lectures de Magne et Heslin commencent à ressembler à une vieille histoire. Il fait bon les retrouver, c’est confortable.

Mais comme dans toute saga, il convient de savoir se renouveler, de ne pas céder à la facilité et à la caricature des personnages. C’est valable tant pour l’auteur que pour le lecteur. Avec huit histoires les mettant en scène, Jacques aurait pu se satisfaire d’une banale continuation. Cela aurait été désolant venant de la part de l’auteur du brillant Enfermé-e.

Jacques signe ici un pavé complexe. Avec deux enquêtes, un prédateur et un coldcase, et avec un troisième pan dans l’histoire d’Oscar et Lisa, Jacques bouscule encore une fois et nous prouve que la violence faite aux femmes, n’est pas forcément physique.

Du poison dans la tête, ou comment chaque personnage se prend les pieds dans le tapis, victime ou bourreau, quand le poids d’un secret se fait trop lourd, quand le passé réveille un souvenir, quand de harcelé, on devient harceleur. Jacques dissèque notre société. Il nous parle d’équilibre familial, de sa fragilité, de nos valeurs et de leurs faiblesses.

Là où le passé de Daniel remonte à la surface et qu’un drame vécu en 1975 met en péril tout ce qu’il a construit, là où  Alexandra la roumaine à la recherche de son fils secoue des vies, là où Ludo, Fred et Ophélie, les flics, traquent un pervers de haut vol, là où Oscar se transforme et que la sérénité de Lisa est mise à mal, la bonne conscience ne suffit plus. Chacun va devoir assumer les conséquences de choix dont ils ne sont pas forcément les instigateurs. Tant pis pour les proches, pour les meurtrissures. Ce poison que l’on a dans la tête balaye tout sur son passage, à en oublier ceux que l’on aime, ce pourquoi l’on se bat au quotidien et pour le pire d’entre nous, celui que l’on se plait à instiller dans le cerveau des autres.  

De ces entre-las, suintent une maitrise de l’écriture, des twists et des personnages sans quoi ce roman ne saurait être brillant.  Certes, le clin d’œil fait à Norek en vieux flic aviné, m’a fait sourire mais ce thriller est grave. Il est totalement maitrisé. Le lecteur est enchaîné, parfois accablé et à la fin emporté.

Editions French Pulp

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Pas encore lu, il ne devrait pas tarder à regagner ma PAL 😉

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