ASKJA – Manook

L’Askja, est situé au centre d’un massif volcanique. S’y rendre se mérite. Des paysages désertiques,  époustouflants quasi lunaires vous y accueillent. Un environnement surréaliste où le corps d’une jeune femme assassinée reste introuvable. Près de Reykjavik, des traces de sang et une bouteille de vodka brisée sont trouvés au fond d’un cratère. Les marques d’un autre homicide, une autre femme, mais là aussi, pas de cadavre. Ah oui, il y a aussi, un sniper qui shoote à tout va et qui affole les touristes. Ça sent le thriller. Ça tombe bien, Askja est un remarquable roman totalement maitrisé par un des as du genre, un homme bourré de talent et de cœur, Ian Manook.

Dès le premier chapitre, il ne fait pas de doute, que je suis entré dans le  second tome après Heimaey de sa saga islandaise. Le décor est planté. Les Hautes Terres d’un monde de terre et de feu, le Herðubreið, un cratère à tout jamais endormi au sein duquel le corps nu d’une femme est allongé sur un tapis de mousse et Kornélius et sa démesure, sa carrure gigantesque. L’homme et la nature. Ce qu’ils ont de plus durs et de plus purs.

Là où Heimaey était un thriller presque léger sous forme de road trip initiatique qui nous emmenait vers un amour père / fille, Askja se fait plus sombre. Dans ce pays où l’on peut se baigner nu dans l’eau chaude des hot pots pour faire le point sur sa journée, Manook, nous offre une Islande sauvage martyrisée par les touristes, mais brute comme ses hommes et fidèle à ses traditions.

Retrouver l’inspecteur Kornélius Jakobson, ce troll géant qui trimballe des pierres comme on trimbale sa peine, sa vieille Saab rouge, et certains personnages récurrents comme Bottie et Ida, est un régal. L’arrivée dans la vie de Kornélius de sa famille au-delà de ses maitresses, lui confère une nouvelle épaisseur, qui bien sûr cache un grand cœur. Jakobson prend une autre dimension au fur et à mesure que j’avance dans ma lecture.  Pourtant ce second tome est en rupture. Comme avec sa saga Mongolienne, l’auteur sait se renouveler et susciter notre curiosité. Il se fait plus grave. L’intrigue est captivante. La première partie semble délectable, elle nous tire vers un univers noir à souhait dans une nature hostile mais magnifique. La deuxième partie suscite l’emballement comme bien souvent avec Manook.

Ouvrir Askja, c’est l’assurance d’entrer dans une histoire singulière, se faire balader par un auteur, un conteur qui se plait à vous perdre à ses côtés mais aussi à vous surprendre à chaque chapitre. Les dialogues sont souvent jubilatoires, avec des moments d’humanité, comme Ian sait les écrire mais aussi de l’humour – à lire les fantaisies de Spinoza, le flic philosophe.

Askja confirme la qualité d’écriture de Ian et son aptitude à créer de l’émotion. Cet écrivain me surprend toujours pour le meilleur. J’avoue, j’ai hâte de lire le prochain tome.

Editions Albin Michel

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