PARASITE – Forge

Exit le 36, bienvenue en Auvergne, à Clermont-Ferrand. La province n’est pas plus lumineuse que la capitale.  Pour ce prix Quai des Orfèvres 2018, on part aux côtés de la capitaine  Marie Lesaux, nouvelle venue à la brigade de protection de la famille. Elle est assignée à une mission insolite, tester la police 2.0 de demain à travers  Valmont, un nouvel outil expérimental. Avec Ethan Milo, un ingénieur, cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, elle rouvre une enquête sur le suicide étrange d’une fillette africaine.

Mon avis sur le sujet :

Depuis quelques mois, la technologie est présente en force dans les thrillers français. La haute technologie, un sujet déjà défloré par Sylvain Forge dans Tension Extrême, devient un  must have (cf les Minier ou Thilliez pour ne citer qu’eux). Cela éclaire à mon avis, l’importance et de la crainte qu’elle anime dans le cerveau de nos écrivains, dans le nôtre. Mais, Forge sait ne pas se limiter à cela. La technologie n’est qu’un outil pour traiter d’autres thèmes comme la maltraitance des personnes les plus faibles et de leur exploitation. Mais là, où il se distingue véritablement, c’est par l’utilisation des plantes et la botanique, comme avec le Weru. C’est plus rare et c’est bien vu. Cela pose Parasite en dehors des sentiers battus. Sans quoi, ce roman aurait été somme toute, trop classique.     

Les chapitres, très courts, confèrent un rythme assez vivant au livre et une lecture aisée, voire rapide. Si les personnages féminins, comme Marie, l’héroïne, ou Pauline, sont sérieusement campés. Ils prennent forme et tout est justifié. C’est plutôt vers les personnages masculins qu’il m’a paru avoir un léger manque. Perso, j’aurais aimé voir la personnalité de Milo davantage développée, notamment pour ce qui est de la souffrance des victimes. Tout comme, il me paraissait intéressant d’amplifier Thierry Masson. Mon bémol à moi…

Également, mais sans doute, est-ce dû à mes nombreuses lectures du noir, Parasite, m’a paru, un poil trop facile, trop léger au regard des sujets évoqués. Forge aurait pu aller un peu plus en profondeur dans ce que suscite la maltraitance. Il y avait une réelle ambivalence à travailler entre ce monde 2.0, très virtuel et la chair et l’esprit abimé des victimes, très en prise avec la réalité. Mais sans doute, cela aurait rendu Parasite, un peu moins mainstream. Ne nous trompons pas, cette chronique n’est pas négative. Ce thriller mérite son prix et pour la majorité des lecteurs, il offre une belle lecture. Suivre les héros se battre sur tous les fronts est une belle surprise. Ce roman se dévore trop rapidement.

Enfin, je le redis car c’est une excellente chose, offrir au roman noir, la capacité de s’exprimer en dehors de la capitale fait du bien. Positionner ce thriller à Clermont, sans parler de Michelin, de Rugby ou de volcan, était un pari. Relevé haut la main par l’auteur.

Nota : l’épilogue est digne de l’auteur.

Editions Mazarine

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