CATARACTES – Delzongle

Sonja a la capacité d’écrire des  thrillers différents, mais avec une tonalité qui revient, l’écologie comme avec Boréal et les hommes et femmes avec Dust ou Quand la neige danse. Elle a une aptitude à signer des histoires où la nature s’affronte à l’homme pour y faire jaillir le meilleur comme le pire.

Avec un prologue extraordinaire, elle m’a entrainé vers ses racines, les Balkans, où la beauté à couper le souffle sert de creuset à la bestialité des hommes.

Jan a 3 ans, il est emporté par une coulée de boue qui anéanti Zavoï, son village. Il ne doit la vie qu’à son chien Hatsa puis à un homme, Djol.

Plusieurs décennies plus tard, Jan devenu, hydrogéologue installé à Dubaï, revient à la demande d’un ami sur les lieux de son passé pour analyser les risques induits par une centrale hydraulique défectueuse pour que l’Histoire ne se reproduise pas.

Et voilà. Sans m’en rendre compte, je me suis attaché à ce livre.

Dans ce pays que la guerre scinda, cette ex-Yougoslavie, les serbes, les croates, et bien d’autres, les frères ennemis portent en eux les stigmates de l’horreur, leurs rancunes et leurs volontés de vivre, comme ailleurs dirais-je. Les paysages me semblent à couper le souffle. Sonja y met tout son amour et son savoir écrire.

Les deux boucles narratives qui s’entrelacent opèrent bien. La recherche de Jan accompagné de Marija dans la montagne serbe, Babin Zub pour découvrir la mère source qui pourrait être à l’origine d’hallucinations, et l’enquête de Vladimir car des cadavres surgissent autour de la centrale hydraulique. Chaque pan suscite la même interrogation pour le lecteur que la disparition des moines de Temska et leur monastère transformé en asile psychiatrique.

Et il y a l’eau. Si nécessaire, si meurtrière. Qu’elle soit liquide en emportant la famille de Jan ou vaporeuse telle « la magla » pernicieuse enveloppant la montagne. Elle coule, fraiche ou fangeuse.

Avec le temps, l’écriture de Sonja est devenue solide, complétement maitrisée. Elle sait poser une atmosphère, où la poésie des descriptions de la nature fait que l’intrigue pourrait passer au second plan si la brutalité ne surgissait pas au gré des pages.

Ses personnages sont gourmands. J’entends par là, qu’ils sont riches, tourmentés. Jan Kosta, Vladimir l’ami ,Djol le sauveteur , Marija la journaliste , Hatsa le Leonberg ou  Sacha, tous sont nantis de failles et d’espoir.

Les Cataractes emportent tout avec elles. Moi, le premier, jusqu’à une fin digne de ce roman.

Editions Denoël

PS les villages engloutis ont la vie dure. Ils ressortent à la Surface

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Aude Bouquine dit :

    Énorme coup de cœur pour ce roman!

    J'aime

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