TROUBLE PASSAGER – Coulon

De ce roman noir profond, je ne dirais que quelques mots en guise d’accroche. Rémi Hutchinson est écrivain. Il se remet de la disparition de sa fille dans sa Normandie. Il est séquestré. Dans le monde de Rémi, il n’y a que deux catégories d’individus : bourreau et victime. On est tantôt l’un, tantôt l’autre.

J’avais été estomaqué avec Je Serais le Dernier Homme, je suis subjugué par Trouble Passager. Pourtant, le thème m’est pénible. Sans doute ce que je redoute le plus, ce que j’abhorre, la pédophilie.

Mais l’écriture singulière m’a captivé dès le premier chapitre. David distille un vrai rythme à son roman. Le lecteur se trouve pétri d’angoisse. Le style claque. Il est brut. Fait de phrases courtes, hachées, parfois répétitives. Un objectif, aller à l’essentiel, rendre la douleur palpable. Immerger le lecteur dans cette histoire sans lui donner la possibilité d’en sortir. Fait est que cela fonctionne, il s’avale avec une aisance remarquable malgré sa dureté.

Car ce roman noir est dur mais parfaitement maitrisé. C’est un drame oppressant et glauque à souhait.

Mais ne te trompe pas, charmant lecteur(trice) de cette chronique (merci) s’il est, ici, traité sans fausse pudeur, il l’est sans voyeurisme.  Non l’essentiel est ailleurs.  Il faut brosse les sentiments de ces victimes et de ces bourreaux. Les souvenirs étouffés, refoulés au tréfonds des cerveaux, la culpabilité enfouie mais suintante, l’absence des uns, la perversité des autres.

Lire Trouble Passager, c’est offrir une oreille à la naissance d’une émotion. Le lecteur est bousculé. Absolument pas ménagé.

Ma copine Aude (Audebouquine) parlait de tornade dans sa chronique. C’est bien cela. Il y a un bref avant, puis la violence d’un premier passage, l’accalmie de l’œil du cyclone, suivi d’un nouveau déchainement de violence, pour enfin après, émerger, hagard dans un champ de ruine, où  deux mots tournent en boucle dans l’esprit de celui qui ferme cet ouvrage une fois fini. Victime et bourreau.

C’est un roman juste dans son équilibre. Pas de voyeurisme. Certes, la violence verbale gifle. Elle assène avec des mots simples une histoire qui dérange et heurte le lecteur jusqu’à la fin. Pourtant, rien ne semble être écrit au hasard. C’est sans fioriture et remarquablement diabolique. Cela s’avale en une nuit mais se digère bien plus longuement.

David sous ses dehors sympa, décontracté, bordé d’humour cinglant, est un vrai psychologue. Avec une poignée de personnages – pas besoin d’en avoir pléthore lorsqu’ils sont forts – il assène un roman aussi terrible que la thématique l’exige.

Bref, un roman noir à lire.

Editions French Pulp

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s