DANS LA TOILE – Hauuy

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J’ai survécu au dernier roman de Vincent.  J’attendais une surprise avec cette 3ème création. Et bien, j’ai été servi. J’ai été baladé comme rarement sans pouvoir mettre une fin avant la fin. Vincent sème le doute à chaque chapitre.

Disons le tout net, la construction démoniaque de ce thriller psychologique ne m’incite pas à partir en vacances dans les Vosges.

Pourtant, c’est bien à Plainfaing, non loin de Saint-Dié au cœur des forêts qu’Isabel Gros atterri avec son mari. C’est une survivante. Sortie du coma après une fusillade, elle a abandonné son ancienne vie. Dans cette maison loin de tous, son mari semble avoir minutieusement tout préparé pour qu’elle puisse se reconstruire, pour que ses cauchemars et ses peurs s’éloignent, pour qu’elle puisse se rétablir, reprendre la peinture. En un mot, ressusciter.

Mais entre doberman et frayeur nocturne, l’esprit d’Isabel se trouble. La peur s’établit, le doute aussi. Plainfaing pourrait être joli, mais le chalet dans lequel Isabel est confiné devient un Stanley Hotel.

Et le lecteur que je suis s’emballe.

Vincent a opté pour la narration. Celle d’une femme. Et il se glisse sans faute dans sa tête. Ce qui est une gageure. Car l’esprit d’Isabel est en miette.  Il n’y a pas une mémoire mais plusieurs. Isabel souffre de troubles mnésiques alors elle alterne les événements et les morceaux de mémoire qu’elle retrouve.

Entre les chausse-trappes, le lecteur la suit tentant d’enregistrer les brides d’information, les renvois vers ses expériences passées, et tente de la suivre au jour le jour. La perversion du lecteur est à son comble que on se réjouit de la voir se débattre pour conserver ses souvenirs.

Vincent joue sur la focale, les descriptions micro et macro, alternant des paysages des Vosges froides et hostiles à la précision amnésique. Je suis maintenant certain qu’il souffre d’un trouble dissociatif de l’identité. Sous ses dehors souriant et adorable, il est capable du pire… à moins que ce ne soit ses personnages. Si Dans la toile, se joue de la manipulation de la narratrice, c’est finalement le lecteur qui frise la paranoïa.

La confiance d’une maison d’édition dans son auteur paye. Hauuy en a sous le pied. Ce brillant roman en est la preuve flagrante.

Editions Hugo Thriller

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