SURFACE – Norek

Noémie Chastain, Capitaine des stups, parisienne du 36 a été défigurée lors de sa dernière intervention. Mutée pour un temps dans un placard campagnard, elle est assignée à une mission à la con, fermer ou non un petit commissariat de province, celui de Decazeville, petit village de l’Aveyron.  Loin de son équipe, elle doit apprivoiser la nouvelle et surtout apprendre à se reconstruire et à s’accepter. Noémie devient No, la représentation de l’image qu’elle pense donner aux autres. Mais quand un baril contenant les restes d’un enfant, mort il y a 20 ans, remonte des entrailles d’un village englouti sous un lac artificiel d’Avalone, il est clair que l’idée du repos à la campagne n’est qu’affleurant.

Le lac d’Avalone est à l’image de la gueule cassée de No. Il y a ce que l’on voit au premier abord, l’impression, l’image travaillée ou non, qu’elle projette et ce qu’elle est vraiment à l’intérieur.

Olivier Norek continue à s’écarter de la banlieue. Mais il a su garder ses bons réflexes d’écrivain. Non seulement il embarque le lecteur dans une solide histoire, mais il le tient en haleine avec une maitrise des chapitres courts à l’image de sa scène d’entrée hyper réaliste. Juste pour ce morceau de choix Surface vaut le coup. Mais il n’y a pas que ça. Norek, peint des personnages avec une complexité attachante. L’équipe de No, qui fleure bon le local, avec son lieutenant fils du maire, son commandant quasi à la retraite, son flic fils à maman tranchent avec celle de Noémie. Et cela confère à Olivier la capacité d’évoquer autour de la reconstruction de No, les réactions de l’entourage suit à ce type de drame, la lâcheté quand elle se tire la bourre avec la trahison, fut-elle personnelle ou professionnelle, l’esprit d’équipe et à travers l’humanité de Noémie la difficulté et le poids de sa propre reconstruction.

Je l’ai souvent écris, le Noir a cela de bon qu’il offre aux auteurs une possibilité d’illustrer sous couvert de frisson, une vision de notre société. Celle de Norek est faite d’individus. Comme dans la vraie vie. Moins choc que les romans mettant Coste en scène, ses histoires sont captivantes . Olivier continue son exploration des réactions humaines face à la vie qu’il avait débuté avec Entre deux mondes.

Editions Michel Lafon

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