DANS LA BRUME ECARLATE – Lebel

Un caractère de daube, un argot bien à lui, une gitane coincée entre ses lèvres, une tronche de kermit jaune sur un imper défraichi, tu l’auras deviné, le capitaine Merhlicht est de retour dans un 5ème opus.

Nous sommes en avril après l’escapade irlandaise de Merhlicht. Une mare de sang au cimetière du Père Lachaise. Pas de cadavre. Une jeune femme nue et exsangue avec deux trous rouge retrouvée dans la Seine.

L’intrigue paraît jouer avec le mythe du vampire dans un Paris saturé par un épais brouillard – une pensée à Stocker et à Shelley – on y retrouve les fameuses sonneries de téléphone et bien entendu Questions pour un Champion. Merhlicht, dénué de charme sexy mais tellement attachant, traine sa crève tandis que des jeunes femmes disparaissent et personne ne croit aux vampires. Pourtant les codes gothiques des copains de Vlad s’inscrivent dans les rues nébuleuses de Paris. La Roumanie obscure durant et après Ceausescu, aussi. Mais l’essentiel est ailleurs.

Les personnages de Nicolas évoluent. Ces retrouvailles sont un vrai plaisir. Aucune lassitude car Nicolas les fait grandir. Ils sont toujours très bien travaillés. Comme tout à chacun, leurs vies sont en mouvement. Chaque protagoniste paye le prix de ses décisions, de son mode de vie trainé durant les tomes précédents.

Les réfugiés syriens de la Porte de la Chapelle, les extrémistes, sont bien sûrs présents, mais il s’agit avant tout d’amour. Ceux de Sophie Latour, ceux de Mickaël Dossantos, quoique, et ceux de Merhlicht bien entendu, mais pas que. Chaque homme porte l’amour pour une femme. Car il y a toujours une femme désirée. L’amour et ses conséquences sur la vie, la mort.

On déchire le brouillard au fil des pages, de ce polar vif où il n’y a pas une seconde d’ennui. On dévore l’enquête de l’équipe qui vient de toucher un nouveau patron. Les dialogues peuvent être drôles, mais l’écriture sait se faire subtil si besoin.  On ne parlera pas de la fin. J’ai hâte de lire le 6ème tome. Même si je crains le pire. Bref, Dans la brume écarlate est un parfait polar qui démontre si besoin était que Nicolas Lebel fait désormais parti du cercle restreint des auteurs à suivre.

Editions BlackLab Marabout

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