L’EMPATHIE – Renand

Qu’est-ce qu’un excellent thriller ? Une intrigue qui vous tient en haleine tout au long des pages ? Une histoire qui vous surprend ? Des personnages forts et construits en profondeur ? Une tension sur des sujets qui savent vous rendre mal-à-l’aise ? Un art du cliffhanger haletant et des twists redoutables ? Un auteur inconnu qui vous saisit ?

Ben voilà, L’Empathie c’est un peu tout ça.

L’empathie est celle du lecteur. Car pour suivre Anthony, Marion, Louisa, Déborah et Alpha et pour les comprendre, il nous faut savoir entrer en résonnance avec chacun des personnages d’Antoine Renand. Scénariste, il a également le sens de la formule et de la construction. Mais ce qui reste fort est la psychologie des ses personnages et leur évolution.

Sans aucun doute, dans les semaines à venir, nous allons entendre des voix qui vont casser du roman. Car une maitrise totale du genre pour un 1er ouvrage, c’est rare. Franchement rare. Comme quoi chez Laffont ils ont du flair avec la Bête Noire.

Que d’émotions ! Et pourtant rien de manichéen. Cela aurait été trop simple.

On pitche ? Alpha viole et torture. Il y prend plaisir.  Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein de la « brigade du viol » de la police judiciaire. 3 personnages qui se sont, tant bien que mal, construits sur les ruines d’un passé toujours à vif qui les a ravagé. Je laisse l’Empathie livrer le reste de ses propres secrets.

Au delà des thématiques fortes évoquées, viol, enfance, justice, il y a plusieurs points à relever dans ce thriller.

…Le Mal se copie, se reproduit. L’enfance est l’étape la plus fondamentale pour la construction de chaque être…

Le 1er est sans aucun doute, la qualité des personnages. Ils sont dotés d’une profonde psychologie. J’y reviens car cela est remarquable. Je l’écris rarement, mais les personnages de l’Empathie sont construits, solides. Qu’on les aime ou non, ils ont du corps et une âme.

Le 2nd tient dans la construction même du récit. Oscillant entre les passés et les présents de ses 3 personnages, Renand tisse sa toile autour des traumatismes endurés. La violence suinte de chaque mot mais n’est jamais glauque. Juste la puissance de l’atrocité. Une justesse des mots quand les situations sont choquantes et douloureuses.

Le 3ème est sans nul doute, le trompe-l’œil que nous vaut cette intrigue.  Car l’Empathie est bien celle du lecteur qui doit se frotter à la compassion, la bienveillance. S’il est aisé d’avoir de la sollicitude pour la victime, qu’en est-il de notre vision du bourreau ?

Le 4ème est l’humanité qui se dégage de ce thriller. C’est étincelant.

Mais il est impossible de parler de thriller brillant. Les thématiques ne me le permettent pas. En revanche, oui, c’est un putain de bon thriller qui déchire et se propulse d’entrée dans ce qui se fait de mieux ! Une fois clos, le retour semble délicat.

Heureusement que la mois de Mars est prometteur car, il va falloir envoyer du très lourd pour susciter un intérêt.

Editions La Bête Noire

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