LE GARDIEN DE LA JOCONDE – Fernandez Diaz

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Une invitation à lire Le gardien de la Joconde avant une rencontre avec son auteur.

Un roman noir argentin sorti en 2014 dans son pays, un roman sombre, où le trafic de coke entre l’Argentine et l’Europe, pose, Rémil, vétéran de la guerre des Malouines, dans les pas de Nuria Menéndez Lugo, une avocate.

Le gardien de la Joconde, c’est l’héritage du Péronisme dans une Argentine où l’armée armée joue un rôle central dans la détention du pouvoir et du capital. Autour de Rémil, s’entrelacent, des politiciens véreux, des flics douteux, des avocats, des narcotrafiquants violents et des services secrets.

Le début de ce thriller semble harassant. Il est constitué de chapitres denses, ce qui change – actuellement beaucoup d’auteurs ont tendance à aérer leurs écrits. Une première partie qui pose les personnages principaux et leur environnement familial et économique, une seconde partie, violente et sans fard.

Autour de trois personnages complexes, Jorge Fernandez Diaz décrit le montage du trafic de coke de l’Argentine vers l’Espagne.

Rémil, vétéran de la guerre des Malouines. C’est un soldat qui porte en lui la mélancolie et les traces de la guerre. Un dur. Il œuvre, sous les ordres de Leandro Cálgaris, le directeur des opérations d’une agence autonome des services secrets argentins.

Rémil ne connaît ni la peur, ni la pitié. Il a subit les entraînements commandos. Il sait évoluer dans les bas-fonds de Buenos Aires. Le peu de confiance qu’il a, est dévoué à Cálgaris, l’homme de l’ombre, féru de Jazz, “le type qui règle les problèmes”. Les présidents et les ministres ont tous eu affaire à lui. Cálgaris, lui a appris à lire, à étudier. Il a la loyauté absolue du samouraï entre les maîtres et les apprentis, le wakashudo. Sa morale est vaporeuse. Ses opérations criminelles  glissent sur lui.  A ce titre Rémil est davantage qu’un simple soldat inflexible et dur à la tache. Pourtant, Rémil parait apte à vaciller. Il n’est pas insensible à la Joconde.

Il doit protéger celle qui mettre en œuvre un trafic de cocaïne. « C’est une femme d’une beauté inouïe. La plus belle femme de l’histoire de l’art. Et moi, je suis son gardien. Toi aussi, à ta façon. Tous ceux qui, comme nous, se cassent le cul à protéger des gens importants ou des pierres précieuses sont des gardiens de La Joconde.  » Elle prend les traits de l’avocate, Nuria Menéndez Lugo, une brune qui se fait des reflets auburn, les pommettes hautes, les yeux noirs, la bouche charnue. Elle est aussi belle que dangereuse.

Le gardien de la Joconde, est un thriller d’espionnage et une charge politique contre le système péroniste – qui voulait une Argentine libérée du capitalisme sans tomber entre les griffes du collectivisme, un populisme étrange – qui concentre dans les mains de quelques uns, l’argent et le pouvoir.

Ce roman démonte les rouages de ce système à la corruption profondément ancrée, la cupidité et l’arrogance de ceux pour qui les intérêts priment sur tout le reste. D’une violence rare entre réalité et fiction, Le gardien de la Joconde, fait de Jorge Fernandez Diaz, une sorte de Don Winslow Sud américain. Vivement la suite.

Editions Actes Sud

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