AVALANCHE HOTEL – Tackian

Ne pas se fier à sa mémoire, ses souvenirs. Pour ce One shot, Niko a abandonné pour un instant Tomar. C’est avec Joshua Auberson qu’il nous convie dans un univers entre rêves et hallucinations.

Janvier 1980. L’Avalanche Hôtel, palace abandonné canton de Vaud en Suisse, au bord du lac Léman. Dehors la neige. Joshua Auberson se réveille dans une chambre. Il est agent de sécurité. Une jeune fille a disparu.

Seul dans un hôtel abandonné, le parallèle est aisé. On pense très vite à un relent de Shining. Mais à la sauce Niko Tackian. Donc la comparaison s’arrête là. Exit, l’horreur. Welcome in thriller land.

Janvier 2018. Joshua Auberson se réveille d’un coma à l’hôpital. Rescapé d’une avalanche, il suit ce que son inconscient lui dicte. La jeune fille inconnue sur laquelle il enquêtait, a été retrouvée inconsciente dans la montagne. Cela a relancé l’affaire de la disparition de Catherine Alexander, disparue en 1980. Il lui faut remonter le temps, remonter ses souvenirs, faire le tri entre la réalité et le fantasmagorique. Derrière les portes de l’Avalanche Hôtel se cache un lourd secret.

C’est pour Niko Tackian l’occasion de poser un roman sur la mémoire et son fonctionnement. Notre cerveau a ses mécanismes propres. Nos souvenirs se construisent et nous relient à la perception de notre réalité. Il ne tient qu’à nous de tirer les fils. S’il évite de nous noyer de science, il y distille ce qu’il faut pour rendre la construction de nos souvenirs passionnante.

Avec finalement peu de personnages – les protagonistes sont rares et typés – dans une Suisse glacée et au bord de la folie, qui n’est pas sans rappeler les Rivières Pourpres, le lecteur suit Joshua dans un scénario au cordeau. On reconnaît la patte du pro. Les chapitres sont courts, énergiques. Le rythme est tendu et provoque ce sentiment de froid dans le dos.

C’est visuel. Nous ne sommes pas les seules victimes. Même Auberson est en proie à des hallucinations.

Pourtant, j’aurais sans doute aimé voir des personnages un poil plus riche. Avec le recul le personnage que je retiens à la fin de cette lecture est Sybille. La partenaire de Joshua, sous des épaules de nageuse est-allemande, est toute en rudesse et franchise. C’est un cœur fragile à prendre. Elle m’a semblé plus digne d’intérêt que Joshua.

Que reste t’il de ce thriller à la fin, car je suis resté un poil sur ma faim. Tackian a l’art de nous tenir en haleine. La référence à Jason Bourne m’a paru capilotractée. Celle de Shining est très commerciale. Nul doute, Avalanche Hôtel est un bon divertissement. Dynamique  à souhait. Un univers vif et austère. Mais, beaucoup de comm’ autour de la sortie, allié à une réelle appréciation de Fantazme, avaient attisé mon envie. Elle fut sans doute, un chouia trop grande.

Edition Calmann Levy

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