LA TRILOGIE BLEIBERG – Khara

L’avantage majeur d’une trilogie est de laisser le temps aux personnages de s’installer, de se développer tout en ayant l’occasion d’aborder des thématiques différentes. C’est bien ce qui se passe avec la trilogie Bleiberg avec un truc en plus, le plaisir. Alors lorsque l’on décide de suivre les pas d’Eytan Morgenstern, on lâche le temps, on se laisse porter par un thriller où l’aventure n’a de cesse de fleureter avec l’histoire et un peu de fantastique. C’est bon, pas si léger que ça et cela s’avale avec une satisfaction rare.

Premier volet de la série : Le projet Bleiberg

4139faeO6cL._SX303_BO1,204,203,200_Mêlant habillement passé et présent, David Khara met en scène, de nos jours, trois héros, Jérémy – Jay – Corbin un personnage désabusé et frivole, ex golden boy, aujourd’hui dépressif et alcoolique, qui se lance sur les traces laissées par son père, aidé par Jacqueline – Jacky -Walls, agent de la CIA, la touche féminine du roman et Eytan Morg / Morgenstern, agent du Mossad.

Khara nous ballade des USA à la Belgique en passant par la Suisse sous couvert de complot mondial. Car Eytan, n’est pas un simple agent. C’est aussi le patient 302 de Viktor Bleiberg. Le projet Bleiberg est le fruit d’une expérience menée dans un camp de concentration par un savant dément et violent, attaché au mythe de l’Ubermensch qui en sacrifiant des enfants veut créer génétiquement une race supérieure.

Dans un style super fluide et dynamique, à travers de courts chapitres où le passé sordide d’un génocide industrialisé où côtoie le réel et l’imaginaire, c’est pour l’auteur l’occasion de poser ses jalons et une réflexion sur la Shoah, le nazisme mais aussi les modifications génétiques.

A grands coups de flashbacks, et avec ce qu’il faut d’ironie, David Khara enlève le lecteur. Les personnages ont leurs forces et leurs faiblesses. Eytan est intriguant. Il est bien davantage que le Kidon chargé de traquer les criminels de guerre. Certes c’est un tueur solitaire mais on le sent hanté du poids des disparus.

Ce premier tome se lit à une vitesse stupéfiante et le lecteur que je suis ne peux qu’enchainer avec le second volet de la série : Le projet Shiro.

shiroDifficile de quitter Eytan Morg. Un de ses proches, Eli Karman, a été enlevé par le Consortium. Eytan se voit contraint de faire équipe avec Elena (là, on ne dévoile rien du 1er tome) pour enquêter sur les origines de deux attentats à l’arme bactériologique en Russie et en République Tchèque. Et nous voici repartit de Prague à Tokyo en passant par les USA. Toujours avec cette alternance de lieux et d’époques, cette ballade dans l’Histoire, nous pousse de 1945 à nos jours et met à jour les exactions japonaises en Manchourie à travers cette fois une sinistre Unité. La 731. Et c’est l’occasion, cette fois pour Khara de causer des laboratoires pharmaceutiques et scientifiques dans une mise en scène où les expériences bactériologiques les plus atroces sont pratiquées sur des êtres humains.

Le projet Shiro est toujours bourré de traits d’humour, de suspens et d’action. Les rebondissements sont présents et Eytan s’étoffe. Il devient sacrément attachant.

Le Troisième volet : Le projet Morgenstern clôt cette trilogie pleine de suspense, d’aventure et d’action.

morgenOn retrouve des personnages des deux premiers tomes avec plaisirs, Eli Karman et Avi Lafner, Jacky, Jay et toujours Cypher du consortium. Ce tome est centré sur Eytan. A 80 ans, il est forgé par ses actions, ses fantômes et ses souffrances. La structure mise en place par David Khara est toujours identique. Les flashbacks qui alternent avec le quotidien d’Eytan expliquent pourquoi l’ex-kidon est devenu un chasseur froid et méthodique.

Le projet Morgenstern fait sortir Eytan de sa retraite pour l’éloigner de sa verte Irlande et affronter de nouveau le Consortium de mèche avec le Ministère de la Défense. Les accointances avec l’armée toujours à la poursuite de la création d’une armée de surhommes, le financement des recherches n’a rien de désintéressé, les progrès de la médecine, n’ont guère changé depuis son évasion du camp du Stutthoff en 1943. Hier  c’était l’Ubermensch, aujourd’hui cela prend les traits du transhumanisme.

Ce roman thriller d’Aventure remonte aux sources d’Eytan, le côté feuilleton est loin d’être désagréable. Il y a toujours ce soupçon de fantastique. La trilogie ce clôt. Mais une autre s’ouvre avec Le programme D-X.

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