L’AFFAIRE LEON SADORSKI – Slocombe

Le dernier numéro de La Fringale Culturelle m’a donné envie de lire Romain Slocombe.

J’ai donc attaqué L’Affaire Léon Sadorski. Sans trop savoir où je mettais les pieds.

Avril 1942, Léon Sadorski, né en Tunisie d’un père d’origine polonaise et d’une mère alsacienne, vit avec sa femme Yvette. Il est amoureux. Son métier, inspecteur adjoint des renseignements généraux de la préfecture de Paris. C’est un flic modèle qui s’attache à obéir aux ordres et à sa hiérarchie. Derrière cette façade, cet homme antipathique à souhait illustre la réalité d’une époque. Antisémite convaincu, anticommuniste, son métier est le parfait alibi pour empocher des pots de vin, capter ce qu’il faut d’argent pour vivre convenablement en cette période folle tout en se faisant bien voir par l’occupant. Un vrai petit soldat de la république de Pétain, il laisse sa haine se révéler sur le dos des plus faibles pour se protéger à tout prix.

Arrêté avec un autre flic, il est envoyé à Berlin par la Gestapo qui veut modeler un agent au sein de la police française pour mieux traquer les Juifs et éradiquer tous les ennemis du Reich. Sadorski, à son retour, trop heureux d’être vivant, devient immonde. Il n’hésite pas à trahir pour prouver son allégeance aux allemands et conserver son train de vie.

Slocombe décrit sans concession la réalité de cette France collabo, pétainiste, à travers un personnage tout à fait réaliste. Extrêmement documenté, saupoudré de personnages réels qui apparaissent au gré des pages, cela va du 93 rue Lauriston au 69 avenue Kléber, ce polar prend des airs de docu-fiction historique où se dessine un monde de des politiciens corrompus, de gestapistes français, de proxos et de voyous corses. L’intrigue policière ne sert que de prétexte pour offrir du fond.

Entre corruption et trahison, L’Affaire Léon Sadorski est un roman passionnant qui illustre la vie quotidienne parisienne en cette période d’occupation. Souvent dérangeant, suintant la nausée et déversant un trouble, un mal à l’aise chez le lecteur, Slocombe ne nous épargne rien. La France a été défaite. Elle survit comme elle peut. Et ce n’est pas reluisant. L’humiliation des uns, les magouilles des autres, dans un univers fait d’espionnage, de tortures, et de trafics divers.

A noter les dernières pages de ce roman très noir, qui font preuve d’un cynisme de haut vol. Romain Slocombe joue assurément dans la cour des grands.

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