JUDAS – Holleeder

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Ce n’est pas un bon thriller. Mais un témoignage qui se lit presque comme un roman. Alors il peut rebuter car il n’est pas littéraire pour un sou. Le découpage en parties non chronologiques peut en troubler plus d’un. Mais il faut cela pour comprendre la famille Holleeder et arriver au choix d’Astrid, la cadette de cette famille hors norme, pour tout dire, cauchemardesque.

Issue d’une maisonnée dans le quartier populaire du Joordan, à Amsterdam, où un père alcoolique et violent, fait régner la terreur et tyrannise sa femme et ses quatre enfants, As survit. Quand son père s’évanouit du paysage, c’est Willem, le grand frère prend naturellement sa place.

La peur ne disparaît pas. Elle change de main. Car c’est le moteur de cette famille élevée dans la Violence. A celle de son père, « le chauve », se substitue celle du « nez », son frère Willem qui deviendra un membre notoire de la pègre des Pays-Bas.

En alternant les allers-retours dans le passé, Astrid Holleeder pose son histoire de manière brute.

Avec ses doutes, ses craintes.

De gamine à adulte, la peur et le secret sont les moteurs qui régissent sa vie.

Devenue adulte avec un frère gangster notoire qui passe son temps à manipuler, mentir, son nom devient un handicap. Elle, devenue avocate, doit prendre parfois la défense de ce frère séducteur, pervers narcissique, que dépourvu de compassion pour protéger les siens. Car son frère Willem « Wim » Holleeder et son beau-frère Cor van Hout sont tristement célèbres. Ils ont participé à l’enlèvement contre rançon de l’industriel Freddy Heineken et son chauffeur. Arrêté en 1984, incarcéré jusqu’en 1992, Wim devient une légende. Cor lui est abattu. Mais l’horreur ne s’arrete pas là Wim continue ses activités jusqu’au moment ou, Astrid, craignant pour la vie de ses soeurs et des enfants de la famille trouve le courage de le dénoncer du meurtre de son beau-frère, Cor.

Astrid Holleeder, avocate pénaliste de profession, devient alors le Judas. Elle vit désormais cloîtrée, sous protection policière, car son frère, depuis sa prison, a mis sa tête à prix, depuis qu’il a été accusé cette fois de cinq assassinats.

Judas, n’est donc pas un roman. Comme je l’ai dis, c’est un témoignage. Il doit se lire comme tel. Il ne faut pas s’attendre aux habituels cliffhangers et twists. Ici, tout se passe à travers la description d’un Wim infernal, parfois avec des explications sur le comportement de ce grand frère si terrible et les réactions d’Astrid.

Le lecteur assiste à la justification de cette dénonciation. Il ne retient réellement que 4 points saillants :

– La peur

– La honte

– La trahison

– Le poids de la trahison

Pour info, les droits d’adaptation ont été achetés par la société de Spielberg, mais cela ne libère Astrid Holleeder de sa prison virtuelle.

Éditions du Sous-sol

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