SIX-QUATRE – Yokoyama

Il faut une bonne dose de persévérance. Six-Quatre se mérite. A travers ce roman policier, il s’agit bien de la société japonaise que l’on explore, sa culture, sa société codifiée et hiérarchisée à outrance pour nous occidentaux.

Oui, Six-Quatre avec ses plus de 650 pages coute un peu au lecteur. Des intrigues multiples, une foule de personnages aux noms parfois rudes à mémoriser pour l’occidental que je suis. Oui clairement cette lecture m’a demandé un effort de concentration rarement atteint. Pourtant, Hidéo Yokoyama par une écriture minutieuse dresse un puzzle et tisse une  tension oppressante. Avec une grande finesse, il dessine un tableau du Japon en ce début de siècle. (le 21ème)

Six-Quatre commence en l’an 64 du règne de l’empereur Shôwa (Hirohito) avec une affaire d’enlèvement suivie de l’assassinat de Shoko Amamiya, une petite fille de 7 ans. Cette affaire sent le cold case à plein nez. En 2002, quatorze ans après, le coupable court toujours.

Le commissaire Mikami, n’est plus un enquêteur. Il est en charge des relations avec la presse. Il a une semaine pour organiser la visite du directeur général de l’Agence nationale de la police qui veut relancer l’affaire et découvrir l’assassin. Pour se faire, Mikami devra, abattre la défiance du père de Shoko, gérer les journalistes locaux, tout en gérant son couple mis à mal par la disparition de sa fille adolescente. Et petit à petit, Mikami est contraint de réexaminer les dossiers du Six-Quatre et met à jour un certain nombre de zones d’ombre. Il prendra conscience des enjeux dissimulés derrière cette visite, d’autant qu’une nouvelle adolescente vient d’être enlevée avec demande de rançon. L’histoire se répète.

Et voilà, Hidéo Yokoyama, nous plonge dans la société japonaise. Au premier plan, les luttes entre médias et police, mais aussi les rapports de force, la brutalité assumée des supérieurs, celle opposant les brigades judiciaires aux administratifs de la police et bien plus encore. C’est une représentation subtile des codes moraux régissant la vie privée et la professionnelle ainsi que le rôle de la femme dans la société.

Alors oui, il faut encaisser Six-Quatre. Il peut ne se livrer pas facilement. Mais pour ceux qui ont aimé Tokyo Zodiak Murder ou Tokyo Vice, c’est encore une autre vision qui est livrée. Et sans rien dévoiler, le final est …

Editions J’ai Lu

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