SALUT A TOI Ô MON FRERE – Ledun

Ceci n’est pas une chronique mais une déclaration d’amour face aux tribulations de la famille Mabille-Pons. Cette tribu, c’est l’unité et l’amour dans un air d’heavy rock pour le plus grand plaisir du lecteur.

Alors oui, en lisant les premières pages, on se trouve renvoyé immanquablement vers la saga Malaussène ou pour les plus âgés vers le film avec Balasko & Lanoux. Mais il en est tout autre. Ce serait mal connaître Marin. Avec sa galerie de personnages, c’est avec un humour hors du commun qu’il continue sa croisade sur l’humanité.

Adélaïde, une cheffe de meute une mère louve hors du commun, rebelle et attachée viscéralement à sa famille, sa smala. Avec trois enfants sortis de son ventre et trois orphelins Colombiens adoptés avec Charles, clerc de notaire, son compagnon auquel il faut ajouter un chien et deux chats, ça fait du monde dans la salle de bain. Rose est l’aînée des filles de la famille. Sortie de khâgne, elle est portée sur le heavy metal. C’est notre narratrice. Antoine est apprenti-boulanger. Pacôme est agrégé de maths. Ferdinand, le philosophe de la famille prépare une thèse. Camille est au collège comme Gustave qui semble s’y sentir bien pour sa sixième année. Une smala atypique, attachante, pétrie d’amour. Alors quand Gus, le gentil Gus est accusé de vol avec violence, c’est toute cette famille qui fait front.

Salut à toi ô mon frère est bourré de références. Littéraires, Rabelais, le Bible et tant d’autres. Musicales pas seulement les Béruriers Noirs, Bowie, Delpech et cinématographiques, Seven ou le lauréat. Un florilège qui rythme et donne du corps à l’ouvrage.

Mais, ne nous trompons pas, l’entrée de Marin dans la Série Noire de Gallimard est à mon sens du à sa grande qualité d’écriture.

Certains chafouins iront à redire sur le fond. Mais on s’en fiche, la forme est si belle. Vive et drôle. Les scènes d’Adélaïde avec la police sont dantesques, surtout que la mère connaît ses droits, les revendique. Quant à Rose sous morphine, elle est magique. Plus amoureuse que je n’ai plus l’être, mais tout aussi barrée.

Et ne te trompe pas cher lecteur, le fond y est.

Salut à toi ô mon frère tient sa force des femmes. Adélaïde, la Rambo retord, anar attachante, usante. C’est une mère poule prête à tout pour les siens. Et il y a Rose, cultivée et si attachée à sa douzaine, aimante et résolue, prête à défier les convenances relatives de cette famille par amour pour le lieutenant Personne aux yeux Vert-Pèche et prête à tout pour sauver Gus.

Salut à toi ô mon frère fait la part belle aux côtés sombres de notre société, la presse qui fait son boulot d’accusation. A charge. Et surtout l’engeance populaire, les notables, les irréprochables et leurs amalgames, le racisme ordinaire, les violences conjugales subies. Bref comme bien souvent chez Marin, il y a toujours une ode contre l’intolérance mais cette fois, dans une bonne humeur communicative.

J’ai souvent écrit que Marin avait l’étoffe d’un excellent écrivain, il le prouve encore une fois. Donc merci. Merci pour ballade en transgression, cette bouffée de liberté et de bien-être.

Editions Gallimard Série Noire

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