LES CHEMINS DE LA HAINE – Dolan

evaLes migrants vus de l’autre côté du Channel, loin de la jungle de Calais, quand le migrant est réduit à l’état de chose – au mieux une marchandise apte à produire des revenus.

Peterborough, Nord-Est de l’Angleterre, une petite ville qui vit la crise. Elle l’a vécue, elle continuera à le vivre. Les habitants voient déferler les migrants. Seuls les pays d’origine changent suivant les générations. L’inspecteur Zigic et son adjointe, le sergent Ferreira, tous deux migrants de seconde génération, le serbe et la portugaise, l’impassible et l’enflammée, se rendent sur les lieux d’un crime. Un homme est mort, brûlé vif, dans un abri de jardin sous la fenêtre de Gemma et Phil Barlow, de beaux suspects en l’état. Jaan Stepulov, immigré estonien, était parti à la recherche de son frère Viktor. Les restes de Viktor, qui a été écrasé par un train, sont retrouvés dans une morgue.  Ce n’était pas un accident.

Les chemins de la haine représentent parfaitement ce qu’est un polar social. C’est presque un travail journalistique. Eva Dolan met les pieds dans le plat dans une Angleterre soit disant multiculturelle mais surtout communautariste. La cohabitation entre les britanniques et les immigrants illégaux ne sont que de reflet de ce que vit l’Europe à travers ses élans populistes et xénophobes. Les individus sont exploités. Chaque infortune est apte à générer du cash. A Peterborough, comme partout ailleurs, la migration est un business. Travail, sommeil, prostitution, tout y passe. Le reste n’est même pas de la littérature. Chez ces esclaves modernes, il n’y a que pauvreté, intolérance et bien entendu violence. Et malheur à celui qui a l’outrecuidance de la ramener.

A travers Ferreira, Eva Dolan m’a donné le sentiment de lire du Zola dans cette Grande-Bretagne qui devient un poil nationaliste, qui tend à abandonner l’humanisme. Le fond est assez passionnant.

Arrêtons-nous sur la forme. Eva Dolan, n’use d’aucune supercherie. Elle livre un pur polar social. Donc exit, les twists et les cliffhangers, dehors les artifices à la mode. Pas la moindre once de flegme britannique. Pas de projection et aucune empathie pour les nombreux personnages. Les chemins de la haine sont bien écrits, à mon sens pas mal traduit. Mais, me concernant,  il y a un manque de rythme. Pour être honnête j’ai eu du mal à entrer dans le wagon et je le regrette car j’en attendais beaucoup. Pour le propos social, j’ai été servi, pour le reste moins. Ça arrive, le lien ne s’est pas fait.

Editions Liana Levi

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