LES GENS SERIEUX NE SE MARIENT PAS A VEGAS – Dounovetz

photo-serguei-dounovetzQuand on m’a passé Les gens sérieux ne se marient pas à Vegas, on m’avait prévenu. Ça déménage. Ça devrait te plaire.

Abel et Formica, deux noms de héros aussi improbables que ce bouquin. C’est un truc inclassable à la hauteur des films de genre qui te ballade de la fin des années 70, jusqu’à 25 ans après, entre au Texas à Justicebourg et à Polar.  Rien que les noms méritent le détour.

Voyager dans le Texas avec Serge Dounovetz c’est prendre son billet pour une odyssée à la hauteur d’un From Dusk till Dawn ou d’un Death Proof. Bref un parfum de Rodriguez  quand il s’appelait encore Roberto ou de Tarantino à ses bonnes heures. Je ne sais pas charmant lecteur qu’elle est ta culture cinématographique, mais la Série B, a eu ses heures de gloire avec des films à l’ambition artistique certes limitée mais délestés de pas mal de contraintes. Donc freedom ! Go to loufoque !

Sergueî pond un scénario improbable. Pèle-même, tu as bon nombres de rednecks, du gros plouc US sans aucun doute électeurs de Trump, un shérif pour qui la loi n’est qu’un moyen de faire du blé, un producteur véreux, Jeff Tardy, qui ferait passer HarveyW pour un adolescent timide et quelques vampires assoiffés.

Les seventies sur les routes désertiques. Abel, a fait parti des Maîtres Nageurs. Un groupe punk rock qui a eu son heure de gloire au Texas. La mort de son leader a sonné le glas et remet tout en question. Il fonce à travers le désert dans un corbillard volé avec le cadavre de son pote pour retrouver Candie son amour de jeunesse. Les retrouvailles ne durent qu’un bref laps de temps. Le temps qu’elle se fasse plomber par un moteur inconnu. A Justiceburg, Formica flingue, Coyote, un vieux Chicano propio du Cactus rose qui pourrait être son père sous les yeux de Jess Tardy, propriétaire  producteur sur une chaîne de télévision locale. Un pacte lie Tardy et le sheriff marshal Andrew Maxel Broodecker. Ce dernier prend du fric  et se désintéresse de tout. Enfin presque. Un quart de siècle, s’écoule.  Abel continue sa traversée du désert. Il a perdu le même jour, ses rêves de gloire et la femme de sa vie. Il est devenu manager des Exotic Lizard, un groupe composé cinq bombasses. Rendez-vous est donné au Cactus Mauve. Le nouveau du bar racheté par Tardy. Formica, lui, oscille entre le piratage  informatique et les parties de poker. Parler de vengeance serait trop facile pour Dounovetz. Ce serait oublier que c’est un road movie rock.

La bande originale de Les gens sérieux ne se marient pas à Vegas rifte entre tes deux oreilles. Tu sens la Fender Mustang qui balance du lourd. Sergueï n’hésite pas. Une ballade rock, ça déride. Le style est brut, autant que les sujets abordés. Quand il s’agit de racisme, de pédophilie et de viol, le politiquement correct part se râahabiller.  Sous une ironie jubilatoire, Sergueï Dounovetz pose une ambiance immorale à la hauteur des séries Z. Il revisite à sa sauce le Texas à un train d’enfer avec un humour qui gratte. Quel pied !

Editions French Pulp

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