HUNTER – Braverman

120098493Un pseudo par genre. Braverman ressemble furieusement sur sa photo à Manook, voire à Manoukian. Pourtant son style diffère. Avec Hunter, le 1er d’une nouvelle trilogie, c’est à grands coups de chapitres courts, incisifs qui tapent sur le lecteur en un staccato diabolique qu’il met en scène un foutu thriller noir à l’américaine.

C’est dans un village paumé des Appalaches, Pilgrim’s Rest, qui regorge de bons rednecks bas du front, que Braverman, nous propulse dans un hiver glacé. Dépaysement total.  Le patelin est isolé et sous la coupe d’un blizzard mortel. Voilà pour le cadre.

En avant pour le glauque et sans pitié pour tous. Les sangs-mêlés, les noirs ne sont pas franchement les bienvenus. Alors quand Freeman, ancien flic black de New-York débarque avec sa Camaro rouge en remontant Murder Drive avec la ferme intention de se venger d’Hunter, sang-mêlé, évadé alors qu’il était condamné à mort pour des crimes sur des jeunes filles dont Louise, 14 ans, fille de Freeman, on se doute que l’on ne va pas lire un Feelgood.

Braverman envoie du bois. Il stresse le lecteur.  Ne lui épargne rien. Hunter, c’est Délivrance dans une Amérique profonde, raciste et aussi glaçante que glacée. Hunter s’est toujours déclaré innocent. Soit. Pourtant les crimes dont il est accusé sont sordides. Freeman à tout perdu. Soit. Pourtant il n’est qu’au début de sa quête.

Qui est aux trousses de qui ? Va savoir.

Le style est sec. Comme je l’ai écris, les chapitres courts. Ils s’enchainent à vitesse grand V. Ils percutent le lecteur à la vitesse d’un carreau d’arbalète. L’auteur sait maintenir son lecteur en haleine, quitte à lui faire remonter l’estomac d’un étage. Ce roman tient toutes les promesses du genre. Une belle maitrise du cliff hanger et des twists à n’en plus finir. Encore une fois, Manook pond un vrai page turner avec tout ce qu’il faut pour l’enchaîner le lecteur à ses pages. On se retrouve ficelé dès les premiers chapitres avec un besoin viscéral d’aller jusqu’au bout.

Ce thriller est visuel, quasi cinématographique. La mise en scène est démoniaque. Oui, il frise avec la monstruosité quand il donne vie à ses scènes et les gorge de violence, de sexe et de sang. Dans un thriller extrême mettant en scène un sérial kiler, les bourreaux comme les victimes se doivent de présenter de sacrées singularités.  C’est bien le cas de Thelma, d’Hunter, du shérif et son frère simplet. Tous ont un passé trouble et des mœurs pour le moins tordues. Mais Freeman et Hunter tout comme les victimes, se révèlent bien plus complexes. Le syndrome de Stockholm n’est jamais loin. Le besoin d’humanité non plus.

La tension monte progressivement. Braverman tient son intrigue. Mais quand il nous concentre sur les viols, les humiliations, les séquestrations des victimes et les manipulations de tout ordre, ce devient presque jubilatoire. Car il sait y distiller une dose d’humour et d’ironie entre les rebondissements.

En tant que lecteur, j’ai pris un grand pied. En tant qu’admirateur du sieur Patrick, il m’a encore fichtrement surpris. Ce 1er tome est violement efficace. Vivement le suivant.

Editions Hugo Thriller

 

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