LES JUMEAUX DE PIOLENC – Destombes

Sandrine Destombes pond un thriller, couronné d’un prix littéraire, d’une grande subtilité. Ce  cinquième roman est un page-turner réussi dans une petite ville de Province.

Exit le 36 parisien, welcome to Vaucluse. Il y fait chaud. Pourtant, il n’y a que froideur et inquiétude.

Le prologue dévoile la disparition, des jumeaux, Solène et Raphaël,  en Août 1989. Ils ont 11 ans. Ils sont scolarisés à Piolenc. C’est la fête de l’Ail. Trois mois plus tard, l’un d’eux est retrouvé. Mort ! Très vite, les gendarmes, Jean Wimez en tête, font face à leur impuissance à retrouver le survivant et le coupable. Cela devient alors le fardeau de Jean.

30 ans plus tard, l’histoire se répète. D’autres enfants disparaissent de Piolenc. Et le village s’observe. La suspicion grandit. De là, nait une psychose. Une course s’engage pour le capitaine Julien Fabregas. Il va enquêter sur cette affaire et ne pas devoir commettre les mêmes erreurs que Jean. Pour ne pas être face à un impasse, il va devoir réveiller des souvenirs cruels chez Jean. C’est le prix de la transmission entre ces deux générations de gendarmes. L’un à tout à prouver, l’autre doit se libérer d’un poids qui lui pèse sur la conscience.

Les Jumeaux de Piolenc, révèlent un véritable thriller psychologique. Sandrine captive son lectorat en douceur. Sans violence, elle le manipule avec une grande subtilité.  A travers de chapitres courts, qui twistent à chaque fin, elle crée, un cadre ensorcelant. Une fois entré dans ce roman, il est difficile de ne pas devoir aller jusqu’à la fin.

L’ambiance est transcrite avec précision. On flirte avec les non-dits dans une petite ville qui fleure bon la province. Les sentiments ressentis par les personnages, engendrent un malaise poignant. Restons une seconde, pour ne citer qu’eux, sur 3 personnages. Victor est un père à la dérive qui a tout perdu. Jean, un ancien qui ressasse son enquête inachevée. Fabregas le tout nouveau gendarme qui doit réapprendre une partie de son métier et qui doit faire ses preuves. Eux comme, les autres, maitresse, parents, disparus ou non, sont touchants. Ils sont pétris de failles et de ruptures. Mais, bien davantage, ils sont troublants. Et c’est là une des réussites de Sandrine. Avoir su les forger autour d’une véritable analyse psychologique. Leurs douleurs, les doutes, leurs angoisses, rendent ce thriller vif et gourmand. Enfin, cela n’a rien avoir avec une douceur sucrée, mais l’image vaut par sa profusion de sentiments.

L’écriture est précise. Sandrine ne se livre à aucune fioriture. Pas la moindre surenchère. L’auteure distille avec parcimonie les brides d’informations. Elle nous tient en haleine et nous pousse gentiment vers un final digne de ce nom. Mais chut … surprise.

Ce thriller mérite amplement ce prix VSD RTL.

Editions Hugo Thriller

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