COMPTINE MORTELLE – Horowitz

J’avais classé Horowitz comme auteur pour ado. Certes son incartade vers Sherlock m’avait paru intéressante.  Mais je dois avouer que lorsque l’on m’a proposé de chroniquer familialement ces romans, j’y ai vu une expérience hors du commun. Donc commençons par la version adulte, enfin, celle qui n’est pas purement destinée aux dos.

Une autre chronique, plus familiale suivra peut-être.

Comptine mortelle, celle de la Pie. Horowitz encapsule deux histoires. Deux énigmes et fait exprès  deux styles d’écriture. Un roman dans le roman. A mon sens une belle réussite. C’est une œuvre maitrisée et ma foi, passionnante. On s’y glisse avec douceur. Sans violence. On se rend vite compte qu’il est vain de se battre. Le lecteur rend les armes. Il se prend au jeu.

Commençons par le roman d’Alan Conway, Epitaphe de la Pie. Car c’est bien à partir de là que nous embarque Susan.  7 parties, comme un hommage à Agatha Christie. L’ambiance d’un village anglais de l’après-guerre, Saxby-on-Avon. Ça fleure bon la campagne anglaise et le Londres d’après-guerre. Une ambiance un rien surannée et une structure qui rend hommage à cet âge d’or de la littérature britannique. Tout le monde se connait dans ce village. Chacun vit de ses petits secrets, observe l’autre. Les indices sont posés, disséminés, et comme Susan, nous prenons plaisir à les relever.  Chaque personnage est un suspect potentiel. Comme pour Agatha, l’enquêteur est extérieur au crime. La révélation n’a lieu qu’à la fin.

Enfin presque. Car il ne faudrait pas oublier la comptine des pies. 7 pies, c’est un secret à ne jamais dévoiler. 7 comme la partie manquante de l’Epitaphe de la Pie et nous voici dans la seconde partie du roman d’Horowitz, celle mettant en scène Susan.

C’est un fait ! Nous avons été aspirés par une Comptine mortelle.

Susan est l’éditrice d’Alan Conway. Elle nous embarque dans sa propre enquête. Pourquoi ce secret ? Qui a enlevé la fin du roman ? Ses interrogations deviennent les nôtres. Les personnages d’Horowitz se liguent contre le lecteur. Le manuscrit et la vie de Susan  et à travers elle, celle du lecteur. Sa recherche devient la nôtre. Nous nous l’approprions. Nous cherchons finalement ce pourquoi on lit un roman policier.

Trouver !

Trouver la pièce manquante avant la révélation de l’auteur. Se faire plus malin que lui. Lui damer le pion.

Alors comme Susan, nous jouons à chercher, à établir la liste des suspects et à lui faire correspondre  sa vérité, à la mesure d’un Fidèle Staupert. Le tout sans oublier, comme se plait à nous le rappeler Horowitz que la première règle des romans policiers à énigme demeure que le suspect le plus apparent n’est jamais le meurtrier. Nous fouillons, furetons, attentifs à la moindre faille, la plus infime correspondance. Trouver le moindre signe qui nous mette sur la trace du meurtrier car comme Susan, nous ne pouvons croire au suicide de Conway. Notre jugement est mis à mal. N’est pas Poirot, ni Sherlock qui veut.

Comptine mortelle se révèle bien davantage qu’un divertissement.  C’est une belle prouesse d’écrivain qui a su encapsuler deux énigmes, dans un pur style anglo-saxon.

Editions du Masque

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