SATANAS – Mendoza

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Bogota, années 80. La période est trouble. Les groupes paramilitaires, les guérilleros du mouvement révolutionnaire M-19. On se doute que ce roman ne va pas être un feelgood.  Avec un brin de fantastique, dans une atmosphère malsaine où un côté social transparait, le lecteur suit un tueur en série et ses victimes à travers quatre protagonistes.

– Maria, bien entendu orpheline (pourquoi ?), travailleuse exploitée, vivote en détroussant avec l’aide de Pablo et Alberto quelques riches habitants. Jugée comme objet sexuel, elle s’utilise comme ce qui apparait à ses yeux être son unique porte de sortie, jusqu’au moment où elle se fait agresser.

– Andres, portraitiste portant avec lui sa propre malédiction, peint les maladies dont vont souffrir ses modèles.

– Ernesto, prêtre sur le point de se défroquer mais aimé de ses ouailles est confronté à une ado possédée par le mal

– Enfin, Campo Elias, vétéran du Vietnam, prof ayant un mal de chien à résoudre ses problèmes autrement qu’à travers la violence, à l’image de son obsession pour Jekyll & Hyde qu’il enseigne. (ce dernier débarque à mon sens un poil trop tard dans ce thriller).

Satanas met en scène un univers violent. Mario Mendoza  utilise la religion catholique comme d’un fil conducteur où chacun d’entre nous peut à loisir se positionner sur un curseur bien / mal tout comme chacun de ses personnages. Ils tentent de survivre dans cette ville. Leurs histoires  s’enlacent. Mendoza donne à lire sa vision de cette éternelle lutte entre le bien et le mal.  A l’instar du Docteur Jekyll et de Mister Hyde professé par Campo Elias, chaque personnage dévoile ces différentes facettes de sa personnalité. Comme dit précédemment, le Bogota des années 80 ne produit pas que des anges.  Mais le sexe, la misère et le sang, ne sont que les résultantes de manques de ces individus. Carence de travail, victimes de solitude, leur violence n’est ni un exutoire, ni une fin en soi, mais le simple reflet de leur survie dans cette Colombie souillée, corrompue et agressive.

Pour être honnête, la fin m’a parue un tantinet bâclée ou tout au moins, balayée un peu rapidement. Mais ce n’est finalement qu’un détail, la postface offrant un autre éclairage et pardonnant quelques défauts.

Editions Asphalte

 

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