JE SERAI LE DERNIER HOMME – Coulon

Le mauvais choix, au mauvais endroit, au mauvais moment. Comment mieux résumer ce qui arrive au narrateur ?  Car comment expliquer à des flics que l’on a voulu éviter parce que son taux d’alcoolémie est bien trop fort que le cadavre en décomposition qui se trouve dans le coffre de sa voiture est le fruit d’un banal accident ? Il l’a tué accidentellement au sortir d’un champ de blé.

Soit ! Mais, comment justifier la présence de cette femme morte et mutilée alors qu’un tueur sévit autour ces pavillons d’une banlieue normande anonyme. A qui l’avouer ? Aux flics ? A sa maitresse dont il doute du bien-fondé de leur relation ? A Mathilde, sa femme pour qui il ne sent plus d’amour ? A sa fille chérie de 4 ans ? Aux amis profs de sa femme ? Ou aux anciens potes syndiqués du temps de l’usine ? Car cet anti-héros qui reste anonyme tout le long de ce roman noir, est au chômage. Il s’enfonce dans le doute. Seul, ce cadavre devient une certitude.

Autour de lui, s’entrecroise une jolie petite galerie de personnages un tantinet burlesques au fil de  situations absurdes. La mécanique mise en scène par David Coulon est sans pitié. Elle rend ce thriller complétement décalé. Je serai le dernier homme, est une lecture hors normes jusqu’à une chute pour le moins exotique. Entre les chapitres, on nage dans le macabre et on suit notre « pas vraiment héros » dans sa descente aux enfers.  Hier simple anonyme nageant dans sa misère, son encombrant cadavre va mettre à l’épreuve sa conscience et son incohérence.  Il est rongé par la culpabilité. Mais dans ce  coin de campagne paumé,  l’horreur prend de l’ampleur.

Oui, il y a du nouveau dans le noir français. Le style de Coulon est décapant. Le rythme nerveux de phrases très courtes, parfois quasi dénudées, confère à cette lecture une véritable syncope, où se succèdent d’autres locutions et tournures gorgées de figures de styles et d’anaphores.

Dans cette narration à la première personne, le politiquement incorrect prend les rênes. On sen prend au jeu de dupe. Le cauchemar finit par s’imposer au malaise et le lecteur que je suis, est surpris. Je me régale. Oui, décidément, Je serai le dernier homme est un p’tit coup de coeur de 2018.

Editions Lajouanie

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Celui-là je vais le lire.
    Merci pour ce billet qui ne fais que renforcer mon envie !

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