LE NEUVIEME NAUFRAGE- Le Roy

Un huit-clos sur une ile déserte. Un cadavre, huit suspects. La vérité est-elle si simple à découvrir ?

Un voilier échoué sur une ile déserte en Méditerranée. Lors de leur embarquement, ils étaient neuf. Cinq filles, quatre garçons. Paco, le policier brésilien, James, l’homosexuel irlandais, Dorian, le photographe français, Damien, le juge du TGI de Pontoise, Tayma, la franco-algérienne militante pour le droit des femmes et conseillère en insertion et de probation, Diane la québécoise, ex-actrice reconvertie dans la traduction pour un cabinet d’avocat, Hanke l’avocate allemande, Sandra l’inspectrice aux impôts, féministe et Eloïse l’hôtesse d’accueil du parlement européen. Tous se sont rencontrés sur Facebook. Cette croisière était leur première rencontre.

Les rescapés ne sont plus que huit lorsqu’Eva Velasquez, criminologue d’Interpol débarque sur l’Ilsa de Sangre. Dorian était le seul à savoir naviguer, manœuvrer le voilier. Pourtant le navire s’est échoué et le corps de ce dernier a été retrouvé calciné dans le bateau. De la drogue pas loin.

Le lecteur suit Eva lors de ses interrogatoires avec les suspects. L’enchaînement. Les versions des rescapés semblent être trop propres pour être honnêtes. Les envies des policiers de voir classer l’affaire sous couvert de trafic de drogue sont un peu trop rapides. Les doutes et les peurs d’Eva perturbent son jugement. Elle n’a que peu de temps pour arriver à dénouer l’écheveau et faire jaillir la vérité. Reste à savoir qui manipule qui ?

Il faut le talent de Philip pour nous embarquer dans cette croisière terrestre. On tire des bords allant d’une version à l’autre, tachant de repérer le plus petit mensonge. On navigue dans un Usual Suspects littéraire. On cherche à deviner qui se cache derrière le masque. On tente de démasquer Keyser Söze. Ça se dévore trop rapidement.

Au fil des pages, on ne doute plus des raisons qui ont amené au meurtre de Dorian. Pourtant, il y a cet « effet Lucifer » qui insinue le doute dans le cerveau du lecteur. L’«effet Lucifer » où dans un lieu clos, le navire, la situation pourrait être à l’origine de comportements plutôt que la personnalité autoritaire des participants tel que Dorian, Damien ou d’autres. Dans l’expérience de Stanford, les prisonniers et les gardes s’étaient adaptés aux rôles qu’on leur avait assignés, dépassant largement les limites de ce qui avait été prévu au début de l’étude. Et si rien de ce qui nous était offert, était la vérité ? Comment se saisir des brides de sincérité ?

C’est toujours très bien écrit. Le neuvième naufragé est un plaisir addictif. Le nez dedans, il m’a fallu savoir qui et pourquoi (NdR j’avais visé juste).

A travers Eva, Philip nous promène. On doute que le meurtre soit le simple fruit du hasard. Reste à savoir qui manipule qui ? L’auteur manipule t’il le lecteur ? Et si finalement le rabbin avait raison. Deux ramoneurs sortent de la cheminée, l’un est noir, l’autre est blanc. Lequel va se laver ?

Editions du Rocher

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